jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DELBES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, la préfète demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion sans délai de Mme C A née B du logement qu'elle occupe au sein de la résidence Bellevue à Dortan (Ain) gérée par l'association Alfa3a et de l'autoriser à défaut de départ dans les cinq jours à expulser l'intéressée avec le concours de la force publique.
Elle soutient que :
- Mme A a été hébergée au sein de la résidence Bellevue au bénéfice d'une mesure d'aide sociale en matière de logement renouvelée jusqu'au 12 juillet 2024 date à laquelle les circonstances ayant motivé son hébergement ont pris fin ; elle s'est maintenue dans le lieu d'hébergement malgré une mise en demeure qui lui a été adressée le 1er août 2024 ;
- le maintien de l'intéressée dans les lieux compromet le fonctionnement normal de l'organisme alors que de nombreux demandeurs d'hébergement d'urgence sont en attente d'un logement ;
- il y a urgence et utilité à cette mesure ; aucune contestation sérieuse ne s'y oppose.
Par un mémoire, enregistré le 1er octobre 2024, Mme A née B, représentée par Me Delbes, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le juge des référés ne pourra se sentir ni compétent ni en mesure de faire droit aux conclusions de la requête ; que la requête est prématurée dès lors que le délai de recours contre la décision de fin de prise en charge n'est pas expiré et qu'elle conteste cette décision, qu'elle n'a jamais été mise en mesure de solliciter une nouvelle demande d'admission à l'aide sociale et que la procédure intentée par la préfète de l'Ain en référé méconnaît les dispositions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Rizzato ;
- les observations de Me Delbes, représentant Mme A née B, qui a repris ses écritures et fait valoir que la demande de la préfète de l'Ain se heurte à une contestation dès lors qu'elle entend déposer un recours contre la décision de fin de prise en charge, qu'elle a déposé une demande d'aide juridictionnelle à cet effet. Elle insiste sur sa situation de vulnérabilité qui est connue de la préfecture. Elle indique qu'elle a tenté de déposer une nouvelle demande de titre de séjour mais a été menacée par les agents au guichet, qu'elle entend également demander le réexamen de sa demande d'asile compte-tenu d'éléments nouveaux, qu'elle a été victime d'une erreur médicale en France et que contrairement à ce qu'indique la préfète de l'Ain sa situation n'ayant pas évolué, les circonstances ayant motivé son hébergement n'ont pas pris fin.
La préfète de l'Ain n'étant ni présente ni représentée.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été reportée au 1er octobre 2024 à 16 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut prescrire toutes mesures que l'urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il incombe au juge des référés du tribunal, saisi de la présente demande d'expulsion d'occupants d'un logement situé dans un centre d'hébergement d'urgence, de prendre en compte, d'une part, la nécessité d'assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont l'administration a la charge et, d'autre part, la situation des occupants en cause, ainsi que les exigences qui s'attachent au respect de leur dignité et de leur vie privée et familiale.
3. Par ailleurs, et aux termes du premier alinéa de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A née B, ressortissante du Kosovo, qui se maintient irrégulièrement sur le territoire français, est hébergée dans la résidence Bellevue à Dortan, gérée par l'association Alfa3a au titre d'une prise en charge à l'aide sociale à l'hébergement exceptionnel et temporaire dont elle a bénéficié à compter du 15 février 2022. Cette prise en charge ayant cessé le 12 juillet 2024, elle a été mise en demeure de quitter la structure, par courrier du 1er août 2024. Mme A née B qui disposait d'un délai de quinze jours pour quitter la structure d'hébergement s'est maintenue dans le lieu d'hébergement malgré cette mise en demeure de quitter les lieux.
5. Pour justifier de la situation d'urgence à expulser l'intéressée de son logement, la préfète de l'Ain fait valoir que le dispositif d'hébergement d'urgence est saturé dans le département de l'Ain, 151 ménages n'ayant pu avoir de réponse positive à leur demande au cours du mois de juin 2024, dont plusieurs familles avec des enfants mineurs, et des personnes présentant des pathologies lourdes.
6. Mme A née B soutient qu'elle est vulnérable en raison de son état de santé, de son orientation sexuelle, de sa situation de femme isolée, et se prévaut de ses démarches en cours pour obtenir le réexamen de sa demande d'asile ou la délivrance d'un titre de séjour et l'indemnisation de ses préjudices en lien avec une erreur médicale. Toutefois, elle ne justifie pas qu'elle se trouverait en situation de détresse médicale, psychique ou sociale justifiant son maintien en hébergement d'urgence, alors que la mesure en litige ne fait pas obstacle à la poursuite de ses démarches. De même, le fait qu'elle entend former un recours contentieux contre la décision de fin de prise en charge et celle la mettant en demeure de quitter son hébergement ne saurait établir par lui-même que la mesure d'expulsion sollicitée se heurterait à une contestation sérieuse.
7. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à Mme A née B de libérer sans délai le logement qu'elle occupe au sein de la résidence Bellevue à Dortan. Faute pour l'intéressée d'avoir libéré les lieux à l'issue d'un délai de cinq jours, la préfète de l'Ain pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à cette expulsion.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme A née B de libérer sans délai le logement qu'elle occupe au sein de la résidence Bellevue située 12 rue Bellevue à Dortan.
Article 2 : Faute pour Mme A née B d'avoir libéré les lieux à l'expiration d'un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, la préfète de l'Ain pourra procéder d'office à son expulsion au besoin avec le concours de la force publique.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète de l'Ain ainsi qu'à Mme C A née B.
Fait à Lyon le 3 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026