mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET AURAVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 13 et 23 septembre 2024, l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau, M. E A, la société JB - La cave de Miribel, la société MDGBJ, la pharmacie centrale Piaud Lleo, M. D C, Mme G H, Mme F B, la société Evanescence et l'APEL de Saint Joseph, représentés par Me Julien-Biron, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté AR-2024-0515-920 du 15 mai 2024 accordant un permis d'aménager à la commune de Miribel ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Miribel la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; au surplus les travaux prévus par le permis d'aménager sont en cours et bouleversent leurs conditions d'accès et de stationnement ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens suivants : la procédure est entachée d'un vice de procédure en l'absence de mise en œuvre de la concertation préalable prévue par les dispositions des 3° et 4° de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme ; la procédure est entachée d'un vice de procédure en l'absence de réalisation de l'évaluation environnementale prévue par les dispositions de l'article R. 122-2 I du code de l'environnement et d'une enquête publique en application de l'article R. 123-1 du code de l'environnement ; la signataire de la décision ne disposait pas d'une délégation de signature rendue exécutoire ; l'avis conforme rendu par l'architecte des bâtiments de France est insuffisant dès lors, d'une part, qu'il mentionne seulement la localisation du projet dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, le Plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine (PVAP) de Miribel, sans prendre en compte les autres monuments historiques situés dans le périmètre, et d'autre part car l'analyse est peu circonstanciée ; le dossier de permis d'aménager était incomplet et ne contenait ni le bilan de la concertation préalable, ni l'étude d'impact ; le permis méconnait les dispositions de l'article UB4 du plan local d'urbanisme en l'absence d'information sur le traitement des eaux pluviales ; il méconnait également les dispositions de l'article UB 13 du plan local d'urbanisme dès lors qu'il ne respecte pas la règle de plantation d'un arbre à haute tige par 100 m2.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, la commune de Miribel conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de chacun des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir et n'ont pas produit les pièces exigées par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- le vice-président de l'association des commerçants et artisans de la communauté de commune de Miribel et du plateau ne disposait pas de la qualité pour introduire un recours gracieux et agir en justice ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 12 septembre 2024 sous le n° 2409189 par laquelle les requérants demandent l'annulation de l'arrêté litigieux.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Julien-Biron, représentant l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau et autres, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.
- les observations de Me Camous, représentant la commune de Miribel.
La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 mai 2024, le maire de la commune de Miribel a accordé un permis d'aménager en vue du réaménagement d'une place publique et des rues Grobon, Jean Moulin, des écoles, ainsi que la réalisation d'une liaison piétonne publique entre la rue des écoles et la place du marché. Par un courrier reçu le 8 juillet 2024, les requérants ont sollicité le retrait de cette autorisation d'urbanisme. En l'absence de réponse à leur demande, les requérants demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 15 mai 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par les requérants analysés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté AR-2024-0515-920 du 15 mai 2024 accordant un permis d'aménager à la commune de Miribel. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, les conclusions à fin de suspension de l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau et autres doivent être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Miribel, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau et autres la somme demandée par la commune de Miribel au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Miribel présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association des commerçants et artisans de la communauté de communes de Miribel et du plateau, représentant unique des requérants, et à la commune de Miribel.
Fait à Lyon, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
C. Bertolo
Le greffier,
T. ClémentLa République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2409190
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