Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409205

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409205
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLANTHEAUME

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait la suspension de la décision implicite de la préfète du Rhône refusant de lui délivrer un titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, car l'intéressé s'était vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 18 décembre 2024, régularisant provisoirement sa situation. En conséquence, toutes les conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représentée par Me Lantheaume, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 11 novembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il a sollicité le renouvellement d'un titre de séjour et qu'il ne dispose plus d'aucun document lui permettant d'attester de la régularité de sa situation sur le territoire ou d'y travailler ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens suivants : la décision est insuffisamment motivée et méconnait les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ; elle méconnait l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnait l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'il n'y a plus d'urgence dès lors que l'intéressé s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable du 19 septembre 2024 au 18 décembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2409205 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lecas, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Lantheaume, représentant M. A.

La préfète du Rhône n'étant ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. M. A demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 précité de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 11 novembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation. Toutefois, il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a délivré le 19 septembre 2024 à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, valable jusqu'au 18 décembre 2024. Par suite, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 n'est pas satisfaite et la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 27 septembre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La greffière,

S. LecasLa République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2409205