vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL COUPE - PEYRONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrés les 16, 18 septembre et 2 octobre 2024, M. A D et Mme B C épouse D, représentés par Me Barberousse, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n°DP00135124V0040 du 30 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée le 28 juin 2024 par la société ATC France pour la construction d'un relais pylône Orange sur un terrain cadastré C 458, au lieudit " Graboz " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir eu égard aux inconvénients et troubles provoqués par l'ouvrage ;
- la condition d'urgence est présumée satisfaite en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; au surplus la date prévisionnelle des travaux est fixée au 16 septembre 2024 ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens suivants : elle méconnait les dispositions des articles L. 425-17 et L. 34-9-1-1 du code des postes et télécommunications dès lors qu'aucune information n'a été préalablement apportée aux habitants et à la commune et que la décision n'a pas été assortie d'une prescription interdisant à la société bénéficiaire de réaliser les travaux avant d'avoir satisfait à son obligation d'information ; il n'est pas établi que la société ATC France disposait d'un mandat conféré par la société Orange ; la décision aurait dû être assortie de la prescription prévue à l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme en ce qui concerne le coût de l'extension du réseau de distribution public d'électricité ; la commune n'a pas préalablement à sa décision obtenu l'accord de l'autorité organisatrice de la distribution publique d'électricité ; les travaux d'extension du réseau public de distribution d'électricité ne pouvant être qualifiés d'équipement public exceptionnel, la commune était tenu de s'opposer à la déclaration préalable sur le fondement de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, faute de justifier d'un accord de l'autorité organisatrice de la distribution publique d'électricité d'exécuter ou de faire exécuter les travaux à ses frais.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2024, la commune de Saint Etienne sur Chalaronne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2024, la société ATC France, représenté par Me Peyronne, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision de non opposition contestée ;
- il n'est pas justifié du respect des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, il n'existe pas d'urgence à suspendre la décision attaquée et aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 septembre 2024 sous le n° 2409237 par laquelle les requérants demandent l'annulation de l'arrêté litigieux.
Vu :
- le code des postes et télécommunications ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Barberousse, représentant M. et Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ceux développés dans écritures. Elle précise que les notifications prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été régulièrement effectuées, le courrier envoyé à l'adresse indiqué par le pétitionnaire dans son dossier étant revenu en " NPAI ". Elle souligne que les requérants disposent d'un intérêt à agir, eu égard à l'objet de la déclaration et à l'absence d'obstacle entre la construction et leur domicile. Elle soutient également, s'agissant de l'urgence, que celle-ci est présumée et qu'il n y'a en revanche aucune urgence à maintenir cette décision. S'agissant des moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la décision : aucun élément du dossier ne permet de confirmer que l'information sur cette antenne aurait été diffusée auprès de la population, conformément à l'article L. 34-9 II, E du code des postes et télécommunications ; le mandat de la société d'Orange à la société ATC datant du 30 septembre 2024, postérieurement à la décision, l'arrêté aurait dû être assortir d'une prescription de non-réalisation des travaux dans l'attente de ce mandat ; la demande de raccordement au réseau électrique datant de fin août 2024, l'arrêté aurait dû comprendre des prescriptions spécifiques concernant la contribution financière exigée du pétitionnaire ; le projet ne nécessite pas la réalisation d'équipements exceptionnels, l'extension de réseau programmée correspondant en outre à une partie publique du réseau ;
- les observations de Me Peyronne, représentant la société ATC France, qui reprend les moyens et conclusions développés dans ses écritures. Il insiste sur le défaut d'intérêt à agir des requérants, eu égard à la distance du projet et en l'absence de toute production par les requérants d'éléments de nature à permettre d'apprécier les atteintes alléguées ; il fait valoir que les obligations du code des postes et télécommunications n'ont pas à être prises en compte lors de l'instruction de la demande préalable, en raison du principe d'indépendance des législations ; il soutient également que l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme offre la possibilité au pétitionnaire de prendre en charge la participation pour l'extension du réseau électrique.
La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 juillet 2024, le maire de la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée le 28 juin 2024 par la société ATC France pour la construction d'un relais pylône Orange sur un terrain cadastré C 458, au lieudit " Graboz ". M. et Mme D demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'urbanisme de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Il résulte de l'instruction que M. et Mme D sont propriétaires d'une maison individuelle située en limite sud du hameau de Graboz, dépendant de la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne, ledit hameau étant bordé à l'ouest et au sud par de vastes espaces agricoles. Pour justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de la décision de non-opposition contestée, les requérants font état de ce qu'ils vont avoir une vue directe sur le relais pylône Orange, alors qu'ils bénéficiaient jusqu'à présent de vues éloignées sur une campagne vierge de toute construction, et que l'ouvrage, d'une hauteur totale de 32 mètres, et qui sera équipé d'un feu d'obstacle rouge fixe devant être allumé la nuit, leur causera une atteint visuelle conséquente. Toutefois, il est constant que les requérants ne sont pas des voisins immédiats de la parcelle destinée à accueillir l'ouvrage. Il résulte en outre de l'instruction que l'ouvrage en question sera implanté à une distance d'environ 280 mètre de leur habitation selon les données du géoportail, en limite sud-sud est de la parcelle C458, le long du chemin du Graboz, alors que les espaces extérieurs des requérants sont majoritairement orientés vers l'ouest et le sud. En outre, si les requérants font état d'une situation de covisibilité entre leur propriété et l'antenne, ils n'ont justifié d'aucun élément permettant d'apprécier effectivement les vues qu'ils pourraient avoir de cet ouvrage depuis leur habitation, alors que les plans de situation présents au dossier de déclaration préalable mettent en évidence l'existence de haies bocagères à proximité de leur habitation, qui viennent partiellement masquer leur vue sur les espaces agricoles situés au sud. Il résulte enfin de l'instruction que l'ouvrage en cause est un pylône de type treillis, qu'il sera peint en couleur RAL 6003 et que des arbres de haute tige sont situés en arrière-plan et à proximité immédiate du lieu de construction, ces éléments étant de nature à limiter fortement l'impact visuel de la construction. Dans ces conditions, les seuls éléments invoqués par les requérants ne suffisent pas à caractériser une atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Dès lors, en l'absence de justification d'un intérêt leur donnant qualité à agir contre l'arrêté contesté, la fin de non-recevoir soulevée en défense par la société pétitionnaire doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative et sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la suspension de l'arrêté du 30 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée le 28 juin 2024 par la société ATC France.
Sur les frais liés au litige :
7. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société ATC France présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme D, à la commune de Saint-Étienne-sur-Chalaronne et à la société ATC France.
Fait à Lyon, le 4 octobre 2024.
Le juge des référés,
C. Bertolo
La greffière,
L. Bon-MardionLa République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2409238
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026