mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Brice, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 16 juillet 2024 par laquelle le département de la Loire a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire du licenciement ;
2°) d'enjoindre au département de la Loire de procéder à sa réintégration dans les effectifs des assistants familiaux du département dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département de la Loire la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision en litige la prive de son revenu ; elle ne perçoit actuellement aucune allocation chômage et son traitement de juillet sera régularisé au prorata ; son époux, également licencié, ne perçoit aucune rémunération ; elle a trois enfants à charge et accueille en outre deux enfants placés au sein de son foyer ; les charges mensuelles fixes de son foyer s'élèvent à 3 118,50 euros alors que le montant total des indemnités chômage, y compris celles de son époux, s'élèvent à 2 300 euros ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est intervenue en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'elle n'a pas eu accès à l'intégralité de son dossier pour se défendre ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il ne lui appartenait pas de faire un compte-rendu des faits à l'éducateur référent de l'enfant dès lors qu'elle n'avait signé aucun contrat avec le département concernant l'accueil de cet enfant ; le département n'établit pas l'exactitude matérielle des faits qui lui sont reprochés, l'information a été transmise par son époux à l'éducateur référent lequel ne l'a pas correctement traitée ;
* elle est disproportionnée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 septembre 2024, 1er octobre 2024 et 7 octobre 2024, le département de la Loire, représenté par la SELARL BLT droit public, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition n'est pas remplie dès lors que le principal poste de dépenses du foyer, en partie généré par l'accueil de mineurs placés, se trouve nécessairement réduit du fait de la perte de son emploi ; il n'existe aucun obstacle à ce que Mme A retrouve un autre emploi ; son agrément étant suspendu jusqu'au 26 novembre 2024, l'exécution du contrat de Mme A ne pourra en tout état de cause pas se poursuivre avant cette date ; compte tenu de l'attitude de l'intéressée alors qu'il était de sa responsabilité de faire un signalement, l'intérêt public s'oppose à sa réintégration et à ce qu'elle continue à accueillir des enfants en qualité d'assistante familiale ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 septembre 2024 sous le n° 2409365 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision du 16 juillet 2024.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Brice, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe oralement ;
- Me Freger, représentant le département de la Loire, qui conclut aux mêmes fins que dans ses écritures qu'il développe oralement.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été reportée au 7 octobre 2024 à 17 heures.
Vu la note en délibéré enregistrée le 8 octobre 2024, non communiquée ;
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. La sanction de licenciement prononcée à l'encontre de Mme A a pour effet de la priver de son emploi ainsi que de sa rémunération. Ainsi, alors même que l'agrément de la requérante a été suspendu par une décision distincte et est susceptible de lui être retiré pour les mêmes faits que ceux qui ont motivés son licenciement, et eu égard aux charges fixes dont la requérante justifie, alors que son époux également licencié ne perçoit aucune rémunération, la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation financière et professionnelle. Si le département de la Loire invoque l'intérêt public qu'il s'attache à la protection des enfants accueillis, il ne justifie pas, par les éléments dont il se prévaut, de l'existence d'un tel intérêt. Dès lors, la condition d'urgence est remplie.
4. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par Mme A tirés de ce que le département de la Loire aurait commis une erreur d'appréciation des faits reprochés et du caractère disproportionné de la sanction de licenciement sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.
5. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies. Dès lors, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 16 juillet 2024 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La présente ordonnance, qui suspend l'exécution de la décision du 16 juillet 2024, implique seulement que Mme A soit réintégrée, à titre provisoire, dans ses fonctions, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A en application de ces dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision du département de la Loire du 16 juillet 2024 prononçant la sanction disciplinaire du licenciement à l'encontre de Mme A est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 : Il est enjoint au département de la Loire de réintégrer Mme A dans les effectifs des assistants familiaux du département dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête tendant à l'annulation de la décision en litige.
Article 3 : Les conclusions du département de la Loire présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département de la Loire.
Fait à Lyon, le 8 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026