lundi 28 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DGR AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. B C, représenté par le cabinet DGR Avocats (Me Roilette), demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le préfet de la Loire a prolongé son assignation à résidence pour une durée d'un an en lui faisant obligation de se présenter tous les jours au commissariat de police de Firminy, de demeurer dans le logement où il est domicilié de 10h à 15h et de remettre à l'autorité administrative ses documents d'identité jusqu'à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer sans délai une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision contestée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation et la procédure contradictoire a été méconnue ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la mesure d'éloignement le concernant ne pouvant plus justifier la prolongation de son assignation à résidence ;
- les articles L. 731-3 et L. 732-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnus en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement ;
- son assignation à résidence porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2025, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 20 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Reniez a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant russe né en 1987, M. C a fait l'objet, le 26 janvier 2023, d'une obligation de quitter le territoire français. Il conteste l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le préfet de la Loire l'a assigné à résidence pour une durée d'un an en lui imposant de se présenter quotidiennement au commissariat de police de Firminy, de demeurer dans son logement entre 10h et 15h et de remettre ses documents d'identité à l'autorité administrative dans l'attente de son départ de France.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article L. 732-4 de ce code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée d'un an. / Elle peut être renouvelée deux fois, dans la même limite de durée. Toutefois, dans les cas prévus aux 2° et 5° du même article, elle ne peut être renouvelée que tant que l'interdiction de retour ou l'interdiction de circulation sur le territoire français demeure exécutoire ".
3. L'arrêté du 19 juillet 2024 a été signé par M. A Floc'h, secrétaire général adjoint, en vertu de la délégation que le préfet de la Loire lui a donnée par un arrêté du 19 juin 2023 publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté.
4. Les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux décisions portant obligation de quitter le territoire français constituant des dispositions spéciales par lesquelles le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises leur intervention et leur exécution, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables à l'édiction d'une assignation à résidence d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé, décidée sur le fondement de l'article L. 731-3 de ce code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par cet article L. 121-1 doit être écarté.
5. Traduisant un examen particulier de la situation de M. C, l'arrêté attaqué fait état de façon circonstanciée des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, et le préfet n'étant pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation du requérant et de l'insuffisante motivation de l'arrêté contesté doivent être écartés.
6. Contrairement à ce qu'affirme le requérant, la circonstance que l'obligation de quitter le territoire français dont l'exécution est en cause lui a été notifiée, le 27 janvier 2023, plus d'un an avant son assignation à résidence ne faisait pas obstacle au prononcé d'une telle mesure sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Si M. C fait valoir qu'il n'existe pas de perspectives raisonnables d'exécution de la mesure d'éloignement qui le concerne, une telle circonstance ne saurait être utilement invoquée à l'encontre d'une mesure d'assignation à résidence prise comme en l'espèce sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur celui de l'article L. 731-1 de ce code.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Pour contester l'arrêté en litige, M. C fait valoir qu'il réside à Firminy avec sa femme et ses trois enfants qui y sont scolarisés, se prévaut de la présence d'autres membres de sa famille en France, notamment de ses parents, et indique qu'il doit emmener régulièrement l'un de ses enfants au centre hospitalier de Saint-Etienne. Toutefois, le requérant n'établit pas qu'il serait le seul à pouvoir aider ses parents dans les actes de la vie quotidienne ou accompagner sa fille au centre hospitalier de Saint-Etienne et M. C dispose, en tout état de cause, de la possibilité de solliciter l'autorisation de sortir de la commune de Firminy auprès du préfet de la Loire. Dans les circonstances de l'espèce, la mesure d'assignation à résidence en litige et les modalités de sa mise en œuvre, qui ont été définies conformément aux articles L. 733-1 à L. 733-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard notamment de la menace pour l'ordre public que constitue la présence en France du requérant, à qui le statut de réfugié a été retiré sur le fondement des dispositions alors en vigueur de l'article L. 711-6 de ce code, ne présentent pas un caractère disproportionné et ne portent pas au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les circonstances qui sont invoquées ne permettent pas davantage de considérer que le préfet de la Loire a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2025.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026