vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409400 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, la SAS Barrage de Sarny, représentée par la Selarl Iroise avocats, demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de la décision du syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche (SDEA), matérialisée par une notification du 9 septembre 2024, d'ouvrir la vanne de fond du barrage de Collanges, le 24 septembre 2024, et ce jusqu'à ce qu'un expert judiciaire désigné par la juridiction administrative, à sa demande faite dans le délai d'un mois,constate l'état des installations de la société barrage de Sarny et fournisse tout élément permettant d'apprécier les conséquences dommageables de l'opération projetée ;
2°) de mettre à la charge du syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sur la condition d'urgence : le SDEA envisage, ainsi qu'il y a été autorisé par arrêté préfectoral du 9 août 2024, d'ouvrir la vanne de fond du barrage des Collanges, le 24 septembre 2024, afin d'évacuer un volume d'1,5 millions de m3 de sédiments accumulés ; cette opération va entraîner un grave ensablement de la retenue d'eau qu'elle exploite ainsi qu'un apport d'embâcles dans les vannes et le dégrilleur de la centrale, ce qui pourrait d'ailleurs empêcher la société de se conformer à son arrêté d'autorisation ; elle se verra ainsi contrainte de suspendre la production d'électricité de sa centrale avant le début de l'évacuation et jusqu'à la remise en état de sa centrale, soit pour une durée indéterminée mais qui dépassera un mois ; il est probable que ces sédiments soient polluées ; l'opération entraînera une usure prématurée de ses installations, ainsi d'ailleurs qu'une forte mortalité piscicole ; la perturbation sera prolongée puisque la retenue en aval devra être à nouveau remplie, entraînant une baisse durable du niveau de la rivière ; il apparaît que ces dommages pourraient ne pas être indemnisés par son assureur et elle risque d'être elle-même mise en cause par les exploitants des ouvrages en aval ;
- cette décision est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de propriété et à la liberté d'entreprendre, compte tenu des dommages que risquent de subir les ouvrages qu'elle exploite, ainsi que la perturbation prolongée de son activité ;
- cette atteinte est manifestement illégale puisque l'arrêté de la préfète de l'Ardèche en date du 9 août 2024 a été délivré sous réserve du droit des tiers.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative le juge des référés peut, en cas d'urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de l'instruction que la SAS barrage de Sarny exploite une centrale hydroélectrique sur la rivière de l'Eyrieux. Par un arrêté en date du 9 août 2024, la préfète de l'Ardèche a autorisé le SDEA de l'Ardèche, propriétaire du barrage des Collonges, situé en amont de l'ouvrage appartenant à la société requérante, à ouvrir la vanne de fond de son barrage pendant un mois calendaire afin de le vider progressivement et de permettre un dégravage naturel. Informée par la SDEA que l'ouverture de la vanne devait avoir lieu le 24 septembre 2024, et inquiète des conséquences du déversement des sédiments sur l'état de l'ouvrage et des matériels qu'elle exploite, ainsi que des variations de niveau d'eau pouvant avoir des répercussions sur la production d'électricité de sa centrale, la SAS Barrage de Cerny demande au juge des référés d'ordonner la suspension de cette décision d'ouverture de la vanne dans l'attente de l'organisation d'une expertise judiciaire.
3. Le prononcé par le juge des libertés d'une mesure visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale est subordonné notamment à ce que le demandeur établisse l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. En se bornant à faire état des répercussions éventuelles que pourrait avoir l'ouverture de la vanne de fond de barrage sur l'ouvrage qu'elle exploite en aval, et à relever que l'arrêté de la préfète de l'Ardèche du 9 août 2024 précisait que " les droits des tiers sont et demeurent expressément réserves " et que " le présent arrêté n'exonère pas le titulaire de la responsabilité des dommages causés en aval ", la SAS barrage de Sarny, qui n'assortit sa demande d'aucune réelle argumentation juridique, ne fait, en tout état de cause, manifestement état d'aucun élément dont pourrait se déduire que la mesure envisagée porterait une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS barrage de Sarny doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS barrage de Sarny est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS barrage de Sarny.
Copie en sera adressée au syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche et à la préfète de l'Ardèche.
Fait à Lyon, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026