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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409415

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409415

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409415
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL KAELIA AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Bachir, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2024 de la préfète du Rhône portant suspension de son permis de conduire pour une durée de neuf mois ;

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors d'une part, qu'il n'est plus en mesure de remplir les missions que son emploi incombe, ce qui met en péril l'activité de la société L'avenir Echafaudages dont il est le président, ainsi que sa situation au sein de la société L'avenir Bâtiment, et d'autre part dans la mesure où il ne présente plus de risque pour les exigences de la sécurité routière ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision, la sanction de neuf mois de suspension apparaissant disproportionnée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le sous le n° 2409414 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Pour justifier de l'urgence à prononcer les mesures demandées, M. A indique qu'il doit disposer de son permis de conduire dans l'exercice de son activité professionnelle et qu'il ne représente plus un risque pour la sécurité routière. Toutefois, alors que M. A a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis le 14 juillet 2024 et que la mesure contestée lui a été notifiée le 19 juillet 2024, il n'a saisi le tribunal du présent référé que le 19 septembre 2024, et n'apporte aucun élément pour établir les troubles dont il prétend que la décision serait à l'origine. En particulier, s'il fait état de ce que la décision met en péril l'activité de la société L'avenir Echafaudages dont il est le président, ainsi que sa situation au sein de la société L'avenir Bâtiment, il se borne à produire une attestation du président directeur général, M. C A, qui précise que cette suspension entrainera " des complications importantes ". Par suite, et bien que la décision contestée soit susceptible de gêner l'exercice par le requérant de ses activités professionnelles, toutefois, eu égard à la nature et à la gravité de l'infraction retenue à savoir la conduite alors que le conducteur avait fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants établie par un test salivaire, et le franchissement d'une ligne continue, la décision en litige répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Dans ces circonstances, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 27 septembre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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