mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés le 8 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Laurent, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 septembre 2024 par laquelle la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon (ENSAL) a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire " pour une durée d'un semestre à compter de la délibération du jury " et la suspension de l'exécution de la décision du 1er octobre 2024 par laquelle la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon (ENSAL) a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire pour une durée d'un semestre à compter de sa notification ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon de l'accompagner dans sa réintégration au sein de l'établissement afin de le mettre dans les conditions lui permettant de valider son année scolaire et, le cas échéant retirer du dossier de l'étudiant et détruire tout élément relatif à la sanction querellée, dans le délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, au besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une situation d'urgence à suspendre l'exécution de la décision prononçant son exclusion temporaire dès lors qu'elle compromet ses chances de valider son année universitaire et lui fait perdre le bénéfice de son stage ; sa présence ne trouble pas le fonctionnement de l'école ; l'étudiant qui a dénoncé ses propos n'est plus dans les effectifs depuis fin juin ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision prononçant son exclusion temporaire dès lors que :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé du droit qu'il avait de se taire ; que la convocation au conseil de discipline ne mentionnait pas les faits qui lui étaient reprochés ; qu'il n'a pas été mis à même d'accéder à son dossier disciplinaire dans un délai raisonnable et en méconnaissance des dispositions de l'article R. 712-31 du code de l'éducation ; qu'il n'a eu accès à son dossier que les 28 et 29 août 2024 ; qu'il n'est pas possible de s'assurer que les éléments qu'il a produits ont bien été portés à la connaissance des membres du conseil de discipline ; que les droits de la défense ont été méconnus ; que le conseil de discipline était composé irrégulièrement ;
* elle est rétroactive ;
* elle est entachée d'incompétence négative dès lors que la directrice s'est estimée en situation de compétence liée tant sur la qualification des faits que sur le quantum de la sanction ;
* les faits qui lui sont reprochés ne sont pas fautifs, les propos qu'il a tenus ne constituent pas des injures à caractère antisémite ;
* la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2024, l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre la décision en litige dès lors qu'elle ne lui interdit pas de poursuivre sa scolarité et qu'il existe un intérêt public à ce que les effets de la décision ne soient pas suspendus compte tenu des répercussions sur le bon fonctionnement du service d'un retour de M. B ;
- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 septembre 2024 sous le n° 2409630 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 9 septembre 2024.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Laurent, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe oralement. S'agissant de l'urgence, il insiste sur les conséquences de la décision en litige sur la poursuite de la scolarité de M. B compte tenu de l'organisation et de l'articulation des enseignements ; s'agissant de l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision, il maintient ses écritures et soutient en outre que la décision du 1er octobre 2024 qui s'est substituée à la décision initiale, est entachée d'une rétroactivité illégale.
- Me Castagnino, représentant l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon qui maintient ses écritures qu'elle développe oralement et fait valoir notamment qu'il n'y a pas d'urgence dès lors que la décision ne fait pas obstacle à la poursuite des études du requérant dans un autre établissement et que le bon fonctionnement de l'établissement justifie le maintien de l'exécution de la décision compte-tenu des faits reprochés et de leur répercussion sur la communauté. Elle soutient que la procédure contradictoire n'est pas irrégulière dès lors que M. B n'a demandé la communication de son dossier que le 29 août 2024 ; que la décision n'est pas rétroactive, que les propos reprochés sont établis et fautifs et que la sanction n'est pas disproportionnée.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été reportée au 9 octobre 2024 à 10 heures.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
2. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon a, par une décision du 1er octobre 2024, retiré la décision du 9 septembre 2024 par laquelle elle avait prononcé à l'encontre de M. B la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire pour une durée d'un semestre et a pris une nouvelle décision prononçant la même sanction. Les conclusions de la requête, dirigées contre la décision du 9 septembre 2024 doivent, par suite, être regardées comme dirigées contre la décision du 1er octobre 2024. En outre, et alors même que le retrait ne serait pas définitif, il n'y a pas lieu de statuer, compte tenu de l'office du juge des référés, sur les conclusions à fin de suspension de la décision du 9 septembre 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. M. B soutient que la décision prononçant son exclusion pour un semestre de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon va faire obstacle à la validation de son année universitaire en 2025 dès lors qu'il ne pourra pas valider les crédits du semestre 9 et qu'il aura été privé des enseignements d'accompagnement au projet et de méthodologie qui sont un préalable aux enseignements du semestre 10. Il invoque également la suspension de son stage de fin d'étude et se prévaut de l'impossibilité de poursuivre sa scolarité dans un autre établissement. Contrairement à ce que soutient l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon, il n'est pas établi qu'une admission dans un autre établissement était encore possible à la date à laquelle la sanction initiale a été prononcée. Ainsi la sanction en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation d'étudiant de M. B. Si l'école en défense fait également valoir l'intérêt public qui s'attache au maintien de la décision en litige, au regard du risque d'atteinte au fonctionnement de l'établissement du fait du comportement de M. B, elle ne produit aucun élément en ce sens.
6. Dans ces circonstances, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
7. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par M. B tirés de ce que la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon aurait commis une erreur d'appréciation des faits reprochés et du caractère disproportionné de la sanction d'exclusion temporaire pour un semestre sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.
8. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies. Dès lors, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 1er octobre 2024 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La suspension des effets de l'exécution de la décision du 1er octobre 2024 ainsi ordonnée implique que l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon procède, à titre provisoire, à la réintégration de M. B, en attendant qu'il soit statué au fond sur la légalité de ladite décision. Il y a lieu d'enjoindre à l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon de procéder à cette réintégration provisoire, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon en application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 1er octobre 2024 de la directrice de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint à l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon de réintégrer à titre provisoire M. B, en attendant qu'il soit statué au fond sur la légalité de ladite décision, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Les conclusions de l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon.
Fait à Lyon le 9 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026