Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409654

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409654
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVEFOUR

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant iranien, qui demandait la délivrance sous astreinte d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, faute pour le requérant de démontrer des démarches infructueuses auprès de l'administration depuis l'expiration de son précédent récépissé le 5 août 2024. En conséquence, la demande a été rejetée sans audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Vefour, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il a déposé un dossier de renouvellement de son titre de séjour le 6 février 2024, que son titre de séjour est arrivé à expiration et qu'il n'a pas bénéfice d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande;

- l'absence de délivrance par la préfète du Rhône d'un document attestant de la régularité de son séjour porte une atteinte grave et illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, en vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative le juge des référés peut, en cas d'urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'autre part, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. M. B, ressortissant iranien né le 6 septembre 1989, est entré en France le 10 mai 1994 à la suite de l'obtention par ses parents du statut de réfugié politique. Il a bénéficié depuis lors de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il a sollicité le 6 février 2024 le renouvellement de son titre de séjour, et a bénéficié d'un récépissé valable jusqu'au 5 août 2024. Ce dernier n'ayant pas été renouvelé, le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quarante-huit heures.

4. Pour justifier d'une urgence particulière, rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant soutient qu'il a régulièrement déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour, que la préfecture ne lui a pas renouvelé son récépissé de demande, et que cette situation le place en séjour irrégulier, porte atteinte à ses libertés fondamentales et risque de lui faire perdre le bénéfice d'un emploi. Toutefois, alors que le récépissé de l'intéressé est arrivé à échéance le 4 août 2024, et que l'intéressé ne démontre pas avoir effectué en vain des démarches auprès de l'administration, il n'apparaît pas que les éléments ainsi exposés et produits par le requérant suffisent à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, et sans que cela fasse obstacle à ce que le requérant saisisse le juge des référés d'une demande de mesure utile sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la condition d'urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lyon, le 27 septembre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,