vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 septembre 2024 et le 30 septembre 2024, M. D A, représenté par Me Vray, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis le 16 septembre 2024, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreurs de droit, dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est cru lié par la seule circonstance qu'il n'avait pas déféré à un rendez-vous et dès lors qu'il n'est pas justifié du caractère exceptionnel de la mesure, au sens des dispositions de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2024-809 du 5 juillet 2024 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024, Mme B a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Vray, avocat de M. A, qui a repris les moyens soulevés dans la requête et indiqué que le caractère exceptionnel de la cessation des conditions matérielles d'accueil n'était en l'espèce pas justifié, l'attestation de demandeur d'asile du requérant étant toujours valide et celui-ci n'ayant reçu que tardivement la convocation en vue de renouvellement de sa carte d'allocation de demandeur d'asile, qu'il avait toujours déféré aux convocations, que la suspension des conditions matérielles d'accueil ne peut avoir un caractère systématique et que M. A avait indiqué en réponse à la demande d'information se tenir à la disposition de l'OFII ;
- les observations de M. A, requérant, assisté de Mme C, interprète ; il a indiqué qu'il recevait les convocations de l'OFII par courrier ou par sms et qu'il avait récemment changé de numéro de téléphone ;
- le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était, ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais né en 2001, a obtenu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 21 octobre 2022. Il s'est vu délivrer en dernier lieu une attestation de demande d'asile par la préfecture du Rhône le 3 mai 2024, valable jusqu'au 2 novembre 2024. Par la décision attaquée du 16 septembre 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code, dans sa version issue du décret n° 2024-809 du 5 juillet 2024 : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. / Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. / Cette décision prend effet à compter de sa signature. ".
3. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a considéré que M. A ne s'est pas présenté aux entretiens prévus dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile, et entrait ainsi dans le cas prévu au 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été convoqué par l'Office français de l'immigration et de l'intégration les 30 juillet 2024 et 6 août 2024 pour des rendez-vous prévus respectivement les 5 et 9 août 2024, en vue du renouvellement de sa carte pour le versement de l'allocation de demandeur d'asile. En outre, si le requérant a changé de numéro de téléphone, et n'a ainsi pas reçu ces convocations adressées par SMS, il en a toutefois informé l'Office dans le cadre de la réponse au courrier du 26 août 2024 lui indiquant qu'il était envisagé de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil et l'invitant à présenter ses observations. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard tant à la nature des convocations auxquelles le requérant n'a pas déférées, qu'à la durée très limitée qui s'est écoulée entre ces deux convocations, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait une inexacte application des dispositions de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant que M. A se trouvait dans un cas exceptionnel justifiant que soit mis fin aux conditions matérielles d'accueil pour le motif tiré de ce qu'il n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 16 septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
6. Le présent jugement implique nécessairement que l'Office français de l'immigration et de l'intégration rétablisse M. A dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter de la notification du jugement. Il y a lieu de lui fixer à cet effet un délai d'exécution de quinze jours. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dès lors que le requérant ne justifie pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle et n'a pas sollicité l'aide juridictionnelle provisoire dans le cadre de la présente instance, les conclusions susvisées tendant au versement au conseil de l'intéressé de la somme de 1200 euros doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 16 septembre 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. A dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La magistrate désignée,
P. B
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026