Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409673

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409673
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGIRARD NKOUIKANI BASTIEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l'intérieur du 8 août 2024 retirant trois points du permis de conduire de M. B et invalidant celui-ci pour solde nul. Le juge a estimé que le moyen tiré du défaut d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Par conséquent, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Girard Nkouikani, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision référencée " 48 SI " du 8 août 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé du retrait de trois points du capital de points affectés à son permis de conduire pour une infraction commise le 2 mars 2023, a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de restituer son permis de conduire aux services préfectoraux de son département de résidence.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car il habite en zone rurale et a besoin de son véhicule pour travailler et que les infractions qui ont été constatées ne sont pas d'une gravité suffisantes pour constituer une atteinte à un intérêt public ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors qu'il n'a pas bénéficié de l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le procès-verbal de composition pénale ne comportant pas cette mention.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 septembre 2024 sous le n° 2408721 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 8 août 2024 en litige ;

- l'ordonnance n°2408757 du 13 septembre 2024 ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. En l'état de l'instruction, le moyen susvisé soulevé par M. B n'est manifestement pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

3. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Lyon le 27 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,