lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409728 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DUFFAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges à Lyon, représenté par Me Duffaud, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet opposée par le maire de Lyon à sa demande, notifiée le 15 juillet 2024, tendant à ce qu'il dresse un procès-verbal constatant le non-respect du règlement sanitaire départemental par l'établissement Maxi Kebab, à ce qu'il mette en œuvre ses pouvoirs de police contre le non-respect par ce même établissement des dispositions du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public, et à ce qu'il dresse un procès-verbal, sur le fondement des dispositions des articles L. 581-26 et suivants du code de l'environnement, du fait de la pose non autorisée d'une enseigne ;
2°) d'enjoindre au maire de Lyon d'ordonner la fermeture du restaurant Maxi kebab jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité avec la réglementation sur les établissements recevant du public, de dresser un procès-verbal de constat d'infraction au règlement sanitaire départemental et de le transmettre au procureur de la République, et de prendre un arrêté ordonnant, dans les cinq jours, la mise en conformité de l'enseigne ainsi, le cas échéant, que la remise en état des lieux, conformément aux dispositions de l'article L. 581-27 du code de l'environnement, le tout dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre au maire de Lyon de réinstruire sa demande dans un délai de dix jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Lyon la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que perdure une situation illicite, du fait de l'inaction du maire de Lyon ; les habitants de l'immeuble subissent des nuisances olfactives et sonores du fait de l'exploitation du commerce ; plusieurs bouteilles de propane sont stockées à même le sol dans la cour de l'immeuble, ce qui fait peser un risque sur les occupants ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens suivants :
* le restaurant stocke plusieurs bouteilles de propane, seize selon le dernier constat, dans un local donnant sur la cour intérieure de l'immeuble, accolées les unes aux autres à même le sol, en méconnaissance des règles posées par l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public ;
* il émane du restaurant de fortes odeurs, y compris après sa fermeture, qui pénètrent dans les parties communes et privatives de l'immeuble, ce qui résulte du non-respect des dispositions de l'article 63 du règlement sanitaire départemental du Rhône, qui prescrit que l'air extrait des locaux doit être rejeté à au moins huit mètres de toute prise d'air neuf ;
* l'exploitant n'a déposé aucune demande pour la pose de son enseigne, en méconnaissance de l'article L. 581-27 du code de l'environnement ; cette enseigne ne respecte pas les règles du secteur protégé dans lequel elle est située.
Vu les autres pièces du dossier et la requête n° 2409727 par laquelle le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges demande l'annulation de la décision implicite en litige.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 12 juillet 2024, notifié le 15 juillet suivant, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges, à Lyon, a signalé au maire de Lyon les nuisances occasionnées par l'exploitation, au rez-de-chaussée de leur immeuble, d'un restaurant à l'enseigne " Maxi kebab ", et lui a demandé de faire usage des pouvoirs qu'il détient pour dresser un procès-verbal de constat d'infraction aux dispositions du règlement sanitaire départemental relatives aux dispositifs d'extraction d'air, dont la méconnaissance entraîne selon eux des nuisances olfactives. Il lui a également demandé de prendre toutes mesures, suite à la visite de la commission de sécurité, pour mettre fin au stockage irrégulier de bouteilles de gaz en méconnaissance des règles relatives aux établissements recevant du public, et de dresser un procès-verbal d'infraction aux règles posées par le code de l'environnement pour la pose d'enseignes. Le 7 août 2024, les services de la mairie ont répondu, s'agissant de la deuxième revendication du syndicat, avoir constaté que le commerce n'avait pas déposé de dossier de demande d'aménagement pour les établissements recevant du public, et lui avoir adressé une demande de régularisation, dans un délai d'un mois. Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges, à Lyon saisit juge des référés pour qu'il suspende l'exécution du refus implicite opposé par le maire de Lyon à sa demande.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que le syndicat requérant a saisi le maire de Lyon, par un même courrier, de trois sollicitations distinctes. Il ne précise pas en quoi il y aurait urgence à suspendre le refus implicite opposé à sa demande relative à l'enseigne publicitaire du restaurant. S'agissant de la méconnaissance des règles applicables aux établissements recevant du public, la mairie de Lyon, ainsi qu'il a été dit, a constaté une absence de dépôt d'une demande en ce sens par l'exploitant du restaurant, et a invité ce dernier, le 7 août 2024, à déposer dans un délai d'un mois une déclaration, en précisant qu'en cas de carence de la société, une mise en demeure lui serait adressée avant sanction ou fermeture administrative. A supposer même que, dans ces conditions, une décision implicite de rejet soit née sur ce point, la ville de Lyon a ainsi justifié de diligences pour que l'exploitant du restaurant régularise sa situation au regard de la réglementation sur les établissements recevant du public. Dans ces conditions, alors que le syndicat requérant ne fait pas été de démarches entreprises auprès de la ville de Lyon pour connaître les suites données à cette procédure, et en l'absence d'une atteinte grave et immédiate suffisamment avérée à la sécurité des usagers de l'établissement ou des habitants de l'immeuble, qui ne peut se déduire des seuls constats d'huissier produits au dossier sur le dépôt de bouteilles de propane, la condition d'urgence n'est pas non plus remplie s'agissant de ce refus.
5. Enfin, et à supposer d'ailleurs que les nuisances olfactives subies par les copropriétaires de l'immeuble soient dues principalement à la méconnaissance des dispositions du règlement sanitaire départemental qu'ils invoquent, et que la mesure sollicitée puisse y remédier dans une large mesure, la production par le syndicat requérant de constats d'huissier établis les 28 mai 2024 et 3 juillet 2024 à la demande des requérants et constatant des odeurs de cuisson dans les parties communes de la copropriété ainsi que dans les appartements lorsque les fenêtres sont ouvertes ne permet pas de caractériser une atteinte grave et immédiate, au sens des dispositions citées au point 2, à la situation des propriétaires de l'immeuble et du syndicat requérant. Par ailleurs, les nuisances sonores invoquées sont sans lien direct avec le refus implicite qui leur est opposé. Par suite, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l'espèce.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, que la requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges, à Lyon doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges, à Lyon est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 39, rue des Farges, à Lyon.
Copie en sera adressée à la ville de Lyon.
Fait à Lyon, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026