vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409826 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MAILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, M. B A, doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 29 septembre 2024 par laquelle la préfète de l'Ain a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, portant la durée totale de cette interdiction à trois ans.
Il soutient qu'il souhaite rester en France pour travailler et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Journoud, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mailly pour M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et qui précise que son client s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites judiciaires et que l'interdiction de retour initiale d'une durée de deux ans prise à son encontre et déjà suffisamment longue, alors même qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- les observations de M. A, assisté de M. C interprète en langue arabe, qui réitère qu'il souhaite rester en France pour travailler et qu'il n'a pas l'intention de troubler l'ordre public en France.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 20 février 1997 à Sétif (Algérie), de nationalité algérienne, déclare être entré irrégulièrement en France via l'Espagne en janvier 2024. Interpellé une première fois le 25 mai 2024 et n'ayant entrepris aucune démarche administrative en vue de régulariser sa situation au regard de son droit au séjour, M. A a fait l'objet d'un arrêté en date du 25 mai 2024 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et à pris à son encontre une interdiction de retour de deux ans. Cet arrêté n'ayant pas fait l'objet d'un recours contentieux est devenu définitif. Interpellé une nouvelle fois, alors qu'il revenait de Lausanne, la préfète de l'Ain par une décision du 29 septembre 2024 a prolongé d'un an supplémentaire l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, portant la durée totale de cette interdiction à trois ans. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-8 du même code dispose : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-11 du même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; / () / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public. " ;
3. Pour prendre à l'encontre de M. A une décision de prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an supplémentaire, portant à trois ans la durée totale de l'interdiction de retour opposée à l'intéressé, la préfète de l'Ain a relevé que M. A, entré récemment en France en janvier 2024, est célibataire, sans charge de famille et sans attache familiale sur le territoire français, ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire particulière. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, que si M. A ne représente pas une menace pour l'ordre public, il n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans prise à son encontre le 25 mai 2024, devenue définitive, et s'est maintenu depuis en situation irrégulière sur le territoire français. Ainsi, la préfète de l'Ain pouvait pour ce seul motif prolonger la durée de l'interdiction de retour opposée à l'intéressé pour une durée maximale de deux ans supplémentaires. Dans ces conditions, en faisant interdiction à M. A de revenir sur le territoire français pendant une durée supplémentaire d'un an et une durée totale de trois ans, dont la durée n'apparait pas disproportionnée dans les circonstances de l'espèce, la préfète de l'Ain n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, ni d'une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du 29 septembre 2024 de la préfète de l'Ain est entachée d'illégalité. Par suite ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.
Copie en sera adressée à Me Mailly.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La magistrate désignée,
L. JournoudLa greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026