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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409911

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409911

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409911
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBECHAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, Mme B C épouse A, représentée par Me Bechaux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus née du silence conservé par le préfet du Rhône sur sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision implicite de refus née du silence conservé par le préfet du Rhône sur la demande de titre de séjour qu'elle indique avoir déposée le 31 juillet 2017, et qu'elle a actualisée le 19 juillet 2023, Mme A fait valoir l'ancienneté de sa demande, indique qu'elle est éligible de plein droit à un titre de séjour et expose les difficultés que l'absence de possession d'un titre de séjour lui pose s'agissant en particulier de l'exercice d'une activité professionnelle. Elle indique également que son mari est décédé le 6 juillet 2024, et qu'elle est désormais sans ressources et dans une situation précaire avec ses deux filles. Toutefois, la décision implicite de refus de séjour contestée est ancienne, et Mme A n'a saisi la juridiction d'une demande de suspension de cette décision que plusieurs mois après la date de naissance de cette décision. Par ailleurs, et quelque regrettable que soit le décès de son mari le 6 juillet 2024, elle ne justifie pas de la situation de précarité qu'elle allègue, ni de ce qu'elle aurait effectivement cherché à exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 9 octobre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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