vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Sene, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer une date de rendez-vous afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve de renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de rendez-vous l'empêche de régulariser sa situation et fait obstacle à ce qu'elle accède à ses droits sociaux en qualité de salariée alors qu'elle dispose d'un titre de séjour longue durée - Union européenne délivré par les autorités italiennes, valable du 25 août 2021 au 25 août 2029, que l'administration française lui a délivré le 19 janvier 2024 une autorisation de travail et qu'elle a bénéficié d'un contrat de travail à durée indéterminée ; qu'entrée le 22 janvier 2024 en France avec son titre de séjour italien, elle a déposé le 1er février 2024 auprès de la préfecture au Rhône une demande de titre de séjour portant la mention " salariée " via la plateforme " démarches simplifiées " et a produit toutes les pièces exigées pour l'instruction de sa demande, que, par messages adressés les 1er février et 3 mars 2024, elle a sollicité de la préfète du Rhône un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et qu'elle a réitéré sa demande par courrier recommandé réceptionné le 14 septembre 2024 et qu'elle est enceinte ; qu'elle n'a toujours pas reçu de proposition de rendez-vous ; qu'elle risque de perdre son emploi ; qu'elle se trouve en situation de vulnérabilité et doit pouvoir accéder aux soins prénataux ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi visée ci-dessus du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de la requérante à l'aide juridictionnelle, sans préjuger de la décision finale qui sera prise par le bureau d'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par la préfète du Rhône qui n'a pas produit d'observations, que Mme A, ressortissante sénégalaise née le 11 septembre 1991 est titulaire d'un titre de séjour longue durée - Union européenne délivré par les autorités italiennes, valable du 25 août 2021 au 25 août 2029 et que l'administration française lui a délivré le 19 janvier 2024 une autorisation de travail en sa qualité de résidente hors de France. La requérante, qui est entrée le 22 janvier 2024 en France avec son titre de séjour italien, a déposé le 1er février 2024 auprès de la préfecture au Rhône une demande de titre de séjour portant la mention " salariée " via la plateforme " démarches simplifiées ". Elle a sollicité, à plusieurs reprises depuis le 1er février 2024 un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour mais n'a toujours pas reçu de proposition de rendez-vous malgré ses relances. Alors qu'elle a de nouveau sollicité la préfète du Rhône le 14 septembre 2024 en lui faisant part de sa vulnérabilité particulière du fait d'une grossesse en cours, sans retour de sa part, il y a lieu de considérer que la condition d'urgence posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie.
5. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de convoquer Mme A dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente l'ordonnance, afin qu'elle puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas deux mois. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte. Il n'y a, en revanche, pas lieu de faire droit aux conclusions de la requérante tendant à ce qu'il soit enjoint à l'autorité préfectorale de lui délivrer à cette occasion un récépissé de sa demande de titre de séjour, laquelle est subordonnée au caractère complet de cette demande.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente Mme A au titre de l'application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de convoquer Mme A afin de lui permettre d'enregistrer sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas deux mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à la préfète du Rhône et au ministre de l'intérieur.
Fait à Lyon le 18 octobre 2024.
La juge des référés,
Caroline Rizzato
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026