lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 4 octobre 2024, Mme A E, représentée par Me Shibaba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 octobre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et prescrit son réacheminement vers tout pays où elle sera légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de mettre fin à sa privation de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ou à tout le moins de l'assigner à résidence au domicile d'un tiers identifié ;
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- cette décision de ne mentionne ni d'heure de notification ni l'adresse du tribunal compétent pour introduire une contestation ;
- les conditions matérielles de cet entretien l'ont empêché d'exercer son " droit à l'asile ", au regard notamment de son état de vulnérabilité, de l'absence d'information de son droit à se faire assister d'un avocat et de la limitation de sa liberté de mouvement ;
- elle peut être assignée à résidence chez un tiers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu la prestation de serment de Mme D, interprète en langue comorienne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gilbertas pour statuer en application de l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique, au cours de laquelle ont été entendues :
- le rapport de M. Gilbertas, magistrat désigné,
- les observations de Me Shibaba, pour Mme E, qui conclut aux mêmes fins que la requête, sauf à présenter des conclusions tendant à l'octroi du bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, et par les mêmes moyens,
- les remarques de Mme E, assistée de Mme D, interprète en langue comorienne.
Le ministre de l'intérieur et des outre-mer, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E, ressortissante comorienne née le 11 décembre 1991, est arrivée à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry le 29 septembre 2024 par un vol en provenance de Casablanca. Un refus d'entrée sur le territoire français lui a été opposé et elle a été maintenue en zone d'attente. Le même jour, elle a sollicité l'asile à la frontière. Après son audition par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a rendu un avis de non-admission, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, par une décision du 2 octobre 2024, a rejeté sa demande d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et prescrit son réacheminement à destination de tout pays où elle serait légalement admissible. Mme E demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme C B, agente contractuelle du département de la coopération et de la dimension extérieure de l'asile, investie pour ce faire d'une délégation de signature au nom du ministre de l'intérieur du 12 octobre 2023, régulièrement publiée au journal officiel de la République française le 14 octobre suivant. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaquée doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. / L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article. () ". Selon l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut décider de procéder à l'entretien personnel en ayant recours à un moyen de communication audiovisuelle dans les cas suivants : () 2° Lorsqu'il est retenu dans un lieu privatif de liberté () Les modalités techniques garantissant la confidentialité de la transmission et l'exactitude de la transcription des propos tenus au cours de l'entretien sont définies par décision du directeur général de l'office. / Le local destiné à recevoir les demandeurs d'asile entendus par un moyen de communication audiovisuelle doit avoir été préalablement agréé par le directeur général de l'office. () ".
5. Mme E soutient que les conditions dans lesquelles a été réalisé son entretien personnel avec un agent de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ne lui ont pas permis de faire valoir de manière satisfaisante ses prétentions à l'asile et qu'il en a résulté une atteinte à ses droits à demander le bénéfice de la protection internationale. D'une part, si la requérante indique que son état de santé ne lui a pas permis de faire valoir de tels droits de manière utile, il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions du certificat médical du 1er octobre 2024 établi après sa réception, à sa demande, au services des urgences des Hospices civils de Lyon, que l'état de la requérante était compatible avec son retour en zone d'attente, tous éléments corroborés par les déclarations de l'intéressée lors de l'entretien personnel au cours duquel elle déclare à la barre avoir fait valoir tous éléments utiles en sa possession. A cet égard, la circonstance que le procès-verbal de police indique qu'elle a refusé de prendre un médicament, ce qui serait contredit par les mentions des documents médicaux produits, ne permet pas de caractériser par elle-même une atteinte à ses droits à demander le bénéfice de l'asile. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier, corroborées par ses déclarations lors de l'entretien, que Mme E s'est vue informée des possibilités de se faire assister d'un conseil dès le 29 septembre 2024 et qu'il lui a été fourni un numéro de téléphone pour ce faire, qu'elle n'a pas utilisé. Enfin, si Mme E relève qu'elle a été privée de liberté de mouvement pendant la période de rétention en zone d'attente et que l'entretien a été réalisé par un moyen de communication audiovisuelle, de telles circonstances, en l'absence de tout élément complémentaire, ne permettent pas de caractériser une atteinte aux garanties octroyées à un demandeur d'asile. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les modalités dans lesquelles elle a fait valoir son droit à la protection internationale auraient été de nature à la priver d'une garantie.
6. En dernier lieu, si Mme E fait valoir qu'elle dispose d'un hébergement chez un tiers en vue d'une possible assignation à résidence, une telle circonstance, compte tenu de l'objet et de la portée de la décision attaquée qui lui refuse l'entrée sur le territoire national, est sans incidence sur la légalité de cette décision, de même que les circonstances tenant à ce que cette décision ne mentionnerait ni d'heure de notification ni l'adresse du tribunal compétent pour introduire une contestation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme E doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme E est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à Me Shibaba et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
M. Gilbertas
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
No 2409960
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026