mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MAILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2024, Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 3 octobre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a décidé de son réacheminement vers tout pays dans lequel elle serait légalement admissible ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'admettre sur le territoire français et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les modalités de transmission de l'avis de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides aux services préfectoraux, ainsi que la transmission de la décision attaquée par simple télécopie, à la portée de l'ensemble des agents de la police aux frontières, ont méconnu le principe de confidentialité de la demande d'asile ;
- les conditions matérielles de l'entretien avec l'agent de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui s'est tenu en zone d'attente et avant l'édiction de la décision attaquée ne lui ont pas permis d'exposer son récit de manière détaillée et organisée ;
- l'OFPRA et le ministre l'intérieur n'ont pas pris en compte sa particulière vulnérabilité ;
- le refus d'entrée est entaché d'une erreur de droit, le ministre ayant excédé l'examen du seul caractère manifestement infondé de sa demande d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation du caractère manifestement infondé de sa demande d'asile ;
- la décision fixant le pays de réacheminement est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que si elle devait être renvoyée en Turquie, elle serait ensuite renvoyée en Irak où elle encourt de réels et sérieux risques de persécution ;
- l'absence de recours suspensif contre le pays de renvoi prévu par la législation méconnaît les dispositions combinées des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est contraire au principe de non-refoulement et aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, le ministre de l'intérieur, représenté par la SCP Saidji et Moreau, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la prestation de serment de M. C, interprète en kurde badini, par téléphone ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Journoud, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mailly qui conclut aux mêmes fins que la requête, sur les mêmes fondements et qui précise en outre la requérante a rencontré des difficultés matérielles liées au dialecte qu'elle parle, qui doivent être prises en compte comme vulnérabilité supplémentaire ;
- les observation de Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou, assistée de M. C interprète en kurde badini par téléphone, qui répond aux questions de la magistrate déléguée et qui indique que les noms et prénoms qu'elle a déclarés sont tous les siens, que Idou est le nom de son grand-père et que son identité est Souman B alors que Leyla est un surnom affectif. Elle précise que son père était agriculteur et que si elle l'aidait un peu aux champs, elle était surtout femme au foyer. Elle précise que sa vie quotidienne était normale hormis les islamistes qui considèrent les yézidis comme des mécréants. Elle indique qu'elle a été victime de plusieurs agressions et que c'est la raison pour laquelle elle veut rester en France, pour vivre en paix sans les pressions des musulmans et de l'État Islamique. S'agissant de sa religion Mme B indique que le symbole de Dieu est un paon et que Lalesh est un lieu saint, un temple et qu'il existe cinq autres lieux de pèlerinage yézidis en Irak.
- le ministre de l'intérieur n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré enregistrée le 8 octobre 2024 pour Mme B n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou, née le 1er janvier 1995 à Daheuk devenu Dohouk (Irak), de nationalité irakienne, est arrivée à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry le 1er octobre 2024 par un vol en provenance de Turquie. Alors qu'elle était placée en zone d'attente sans pouvoir justifier d'aucun document d'identité et de voyage, elle a déclaré vouloir demander l'asile en France. Par une décision du 3 octobre 2024, prise après l'avis émis le même jour par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le ministre de l'intérieur a refusé à Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a décidé de son réacheminement vers tout pays dans lequel elle serait légalement admissible. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : 1° L'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par ce règlement avec d'autres Etats ; 2° La demande d'asile est irrecevable en application de l'article L. 531-32 ; 3° La demande d'asile est manifestement infondée. Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves ". Aux termes de l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article. Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration ".
En ce qui concerne la décision de refus d'entrée :
4. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile aient accès à ces informations. Par suite, Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou n'est pas fondée à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d'information résultant de la demande d'asile, dès lors que ces éléments n'ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter les demandes, à savoir les agents de police ainsi que les agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier de la transcription de l'entretien avec l'officier de l'OFPRA, qui a duré 32 minutes, que Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou n'aurait pas été en mesure d'exposer de façon suffisamment précise et détaillée sa situation afin de permettre à l'administration de procéder à l'examen prévu à l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort d'ailleurs pas des pièces du dossier ni n'est allégué que certains éléments de sa situation de nature à justifier sa demande n'auraient pas été pris en compte par l'agent de l'OFPRA en raison des conditions matérielles de l'entretien alors qu'il ressort des pièces du dossier que la requérante indique au début de l'entretien qu'elle comprend très bien l'interprète. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou n'est dès lors pas fondée à soutenir que les conditions matérielles de l'entretien ne lui ont pas permis de développer son récit. En outre, il n'apparaît pas que l'état de vulnérabilité allégué par la requérante, sur lequel elle n'apporte aucune précision particulière, n'aurait pas été pris en considération lors de cet entretien ni, par la suite, par le ministre de l'intérieur dans sa décision.
6. En dernier lieu, le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.
7. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes de la décision attaquée, que le ministre de l'intérieur aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en excédant la compétence que lui confèrent les dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'aurait pas limité son appréciation au caractère manifestement infondé de la demande d'asile de Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou.
8. D'autre part, lors de son entretien avec l'agent del'OFPRA, Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou a indiqué qu'elle est originaire de Sinjar puis qu'elle a dû partir à Dohouk après l'attaque de l'État Islamique en 2014. Elle déclare y avoir toutefois vécu dans un climat hostile aux yézidis considérés comme non-croyants. À l'audience Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou précise qu'elle a fait l'objet de plusieurs agressions sans plus de précision. Cette seule circonstance n'est toutefois pas de nature à démontrer l'existence d'un risque grave pour sa sécurité. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou indique en outre que les yézidis ont une religion différente avec un lieu sacré appelé Lalesh et que le dieu des yézidis est représenté par un paon. Ces propos peu circonstanciés et ces imprécisions s'agissant de questions générales ouvertes ou fermées sur la religion et la communauté dont elle se revendique pour demander la protection internationale de la France sont de nature à mettre en doute la crédibilité de son récit. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments et eu égard à l'imprécision du récit de Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer comme manifestement infondée la demande d'asile de Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou et lui refuser l'entrée en France au titre de l'asile sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de réacheminement :
9. En premier lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
10. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou indique qu'elle craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine aux motifs qu'elle est yézidie et qu'elle fait l'objet de pression et agressions récurrentes de la part des musulmans en Irak. A supposée même que l'intéressée puisse appartenir à la communauté yézidie, elle ne produit toutefois aucun document venant établir l'existence d'une menace personnelle et actuelle à son égard, de la part d'un individu en particulier ni des autorités irakiennes. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée, en ce qu'elle prescrit son réacheminement dans tout pays où elle sera légalement admissible, méconnaîtrait les stipulations l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 ainsi que celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a fait l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et, le cas échéant, d'une décision de transfert mentionnée à l'article L. 572-1 peut, dans les quarante-huit heures suivant la notification de ces décisions, en demander l'annulation au président du tribunal administratif. Aucun autre recours ne peut être introduit contre la décision de refus d'entrée au titre de l'asile et, le cas échéant, contre la décision de transfert. Le président, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction ou les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, statue dans un délai de soixante-douze heures à compter de sa saisine. L'étranger peut demander au président du tribunal ou au magistrat désigné à cette fin le concours d'un interprète. L'étranger est assisté de son conseil s'il en a un. Il peut demander au président ou au magistrat désigné à cette fin qu'il lui en soit désigné un d'office. ". Aux termes de l'article L. 352-8 du même code : " La décision de refus d'entrée au titre de l'asile et, le cas échéant, la décision de transfert ne peuvent être exécutées avant l'expiration d'un délai de quarante-huit heures suivant leur notification ou, en cas de saisine du président du tribunal administratif, avant que ce dernier ou le magistrat désigné à cette fin n'ait statué. ".
12. Les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instaurent un recours juridictionnel suspensif contre la décision portant refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et prévoient qu'en cas d'annulation l'étranger est autorisé à entrer en France. Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou ayant saisi le juge administratif, par une même requête, de conclusions dirigées contre la décision de refus d'entrée en France au titre de l'asile et de conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de réacheminement, destinée à exécuter le refus d'entrée en France, le caractère suspensif du recours prévu par l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fait obstacle à ce que la décision fixant le pays de réacheminement puisse être effectivement exécutée avant que le juge ne se soit prononcé. Dans ces conditions, la requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir qu'elle a été privée du droit d'exercer un recours effectif consacré par les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 octobre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a décidé son réacheminement vers tout pays dans lequel elle serait légalement admissible.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement à Me Mailly d'une quelconque somme au titre de ses frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A se disant Leyla B devenue Souman Idou et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à Me Mailly.
La magistrate désignée,
L. Journoud La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Une greffière.
N°2409989
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026