vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MASSOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 et 16 octobre 2024, Mme B C, représentée par Me Massol, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 1er octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à partir du dépôt de sa demande d'asile dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de son dossier dans le délai de 8 jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, Me Massol, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour son avocat de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- le directeur territorial de l'OFII n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande ;
- elle méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et les articles L.551-15 et L.531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est assortie d'aucun moyen permettant d'en apprécier le bien-fondé et que, en tout état de cause, la décision attaquée est fondée.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, conseillère ;
- les observations de Me Massol, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Mme C, assistée de Mme A, interprète en langue espagnole ;
- l'OFII n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante vénézuélienne née le 22 novembre 2005, a déclaré être entrée en France le 18 juin 2021. Par une décision du 1er octobre 2024, dont elle demande l'annulation, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions :
3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27; / () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes du 3° de l'article L. 531-27 du même code : " Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ".
4. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé suffisamment détaillé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment le fait que Mme C a présenté tardivement, sans motif légitime, sa demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le directeur territorial de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, la requérante soutient qu'elle ne peut pas être regardée comme ayant déposé tardivement sa demande d'asile dès lors que sa mère a obtenu, le 10 janvier 2022, le statut de réfugiée dont elle a pu elle-même bénéficier en sa qualité d'enfant encore mineur. Toutefois, et comme elle en a été informée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) dans son courrier du 7 décembre 2023, dès lors que Mme C née le 22 novembre 2005 est devenue majeure le 22 novembre 2023, elle ne pouvait plus bénéficier de la protection juridique administrative dont bénéficiait sa mère. Dans ses conditions et alors que la requérante avait jusqu'au 22 février 2024 pour déposer une demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours fixé par les textes, sa demande déposée le 1er octobre 2024, ayant été effectuée au-delà de ce délai, était tardive. Si elle fait valoir qu'elle ignorait l'existence des procédures d'asile et n'a pas compris pourquoi l'OFPRA lui demandait de déposer un dossier en son nom propre, cette circonstance ne constitue pas un motif légitime justifiant le dépôt de sa demande d'asile au-delà du délai requis. De même, si elle allègue avoir dû attendre plus de deux ans avant de recevoir son acte de naissance, elle ne l'établit pas. Il s'ensuit que le directeur territorial de l'OFII a pu sans méconnaître les dispositions de la directive 2013/33/UE notamment transposées à l'article L.551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que sa demande n'a pas été sollicitée, sans motif légitime, dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée en France.
7. En quatrième lieu, la requérante soutient qu'elle se trouve dans une situation particulièrement vulnérable dès lors que sa mère et son beau-père, avec lesquels elle vit, sont sans emploi et que sa mère ne perçoit plus les allocations familiales. Elle fait également valoir que, étant scolarisée en terminale et même si elle y était autorisée, elle ne dispose pas du temps nécessaire pour travailler. Toutefois, dès lors qu'elle est hébergée et n'est pas isolée des membres de sa famille et alors qu'elle ne fait état d'aucun problème de santé, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser une situation de vulnérabilité justifiant l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le directeur territorial de l'OFII aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation, en refusant de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense par l'OFII, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Massol et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
V. JordaLa greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026