vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BELIGON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 et 16 octobre 2024, M. C, représenté par Me Beligon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de juger avant dire-droit que son dossier doit être mis à disposition par la préfecture ;
3°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2024 par lequel la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
4°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a placé en centre de rétention administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il entretient une relation amoureuse avec Mme B au domicile de laquelle il réside depuis plus d'un an et qu'il n'a jamais reçu de convocation pour un rendez-vous en préfecture prévu le 4 juillet 2023 ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel que prévu par l'article 41.2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ses droits de la défense et le principe général de bonne administration ;
- la préfète du Rhône n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L.612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle porte atteinte à sa vie privée et familiale, qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas un risque de soustraction à la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle méconnaît les dispositions des articles L.612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle porte atteinte à sa vie privée et familiale et qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public.
Des pièces complémentaires présentées par la préfète du Rhône ont été enregistrées et communiquées le 15 octobre 2024.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, conseillère ;
- les observations de Me Beligon, représentant M. C, absent, qui se désiste du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte et pour le surplus conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Nguyen, représentant la préfète du Rhône qui conclut au rejet de la requête.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré confirmant l'identité du requérant, présentée par la préfète du Rhône, enregistrée le 17 octobre 2024, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais né le 5 août 1983, à Kinshasa, a déclaré être entré en France le 6 janvier 2013. Par un arrêté du 12 octobre 2024, dont il demande l'annulation, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Elle l'a par ailleurs placé au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
3. En premier lieu, la préfète du Rhône a visé dans la décision attaquée les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales qu'elle a appliquées. En outre, elle a notamment rappelé que l'intéressé a définitivement été débouté de l'asile, qu'il ne justifie pas de liens suffisamment anciens, stables et ancrés dans la durée en France ni qu'il est dans l'impossibilité de rejoindre son pays d'origine. Par suite, cette décision, qui ne devait pas nécessairement faire état de tous les éléments relatifs à sa situation personnelle, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie
5. Contrairement à ce que soutient M. C, il ressort des pièces du dossier qu'il a été mis à même de présenter des observations orales, lors de son audition par les services de police le 10 octobre 2024, ainsi que des observations écrites adressées au préfet du Rhône le 11 octobre 2024 avant que soit prise à son encontre la décision attaquée du 12 octobre 2024. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de son droit d'être entendu préalablement à l'adoption de l'arrêté contesté. De même, en l'absence d'argumentation spécifique, il n'est pas fondé à faire valoir que ses droits de la défense et le principe de bonne administration auraient été méconnus. Par suite, les moyens doivent être rejetés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ".
7. M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors que la préfète du Rhône n'a tenu compte ni de sa vie de couple avec Mme B, ressortissante française, ni des démarches de régularisation qu'il a entreprises le 8 janvier 2021.
8. Toutefois, d'une part, en se bornant à faire état de la présence de " sa copine ", auprès des services de police le 10 octobre 2024, sans plus de précision sur cette relation, il n'établit pas qu'il serait en couple avec Mme B alors qu'il a déclaré, au cours de cette même audition, être célibataire et sans enfant à charge et qu'au titre de la présente procédure, il ne produit aucun élément permettant d'établir ni l'identité de cette personne ni les liens qu'il entretiendrait avec elle. En outre, il ressort des termes de l'arrêté contesté que la préfète du Rhône a procédé à un examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressé et qu'elle a retenu qu'il ne justifiait pas de liens suffisamment anciens, stables et ancrés dans la durée en France.
9. D'autre part, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide de l'éloignement d'un étranger qui se trouve dans le cas mentionné à l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne saurait en aller autrement que lorsque la loi ou une convention bilatérale prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l'intéressé, cette circonstance faisant alors obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. S'il ressort des pièces du dossier que M. C est fondé à faire valoir que la préfète du Rhône n'établit pas l'avoir convoqué à un rendez-vous le 4 juillet 2023 à la suite du dépôt de sa demande de carte de séjour, le 8 janvier 2021, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement dès lors que l'intéressé ne justifie pas relever d'une hypothèse de délivrance de plein droit d'un titre de séjour. Il ne peut dès lors utilement l'invoquer pour contester l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.
10. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen réel et sérieux doivent être écartés dans toutes leurs branches.
11. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
12. Si M. C, célibataire et sans enfant à charge, a déclaré être présent en France depuis le 6 janvier 2013, il n'a été admis à y séjourner que le temps de l'examen de ses demandes de titre de séjour et de sa demande d'asile, cette dernière ayant été rejetée définitivement le 23 octobre 2020. Par ailleurs, en se bornant à se prévaloir de sa récente relation avec M. B, une ressortissante française, avec laquelle il serait en couple depuis un an, cette circonstance, qui n'est pas établie par les pièces du dossier, est, en tout état de cause, insuffisante pour démontrer qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, alors que, outre le rejet définitif de sa demande d'asile en 2020, il est constant que l'intéressé a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement en 2014, en 2017 et 2019 et que s'il allègue, sans toutefois l'établir, que tous les membres de sa famille sont décédés, il ne démontre pas qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la préfète du Rhône n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision litigieuse a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
14. En premier lieu, au cours de son audition par les services de police le 10 octobre 2024 et dans ses observations écrites adressées à la préfète du Rhône le 11 octobre 2024, M. C a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de quitter le territoire français. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a déjà fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement en 2014, en 2017 et 2019 qu'il n'a pas exécutées et qu'il a définitivement été débouté de l'asile en 2020. Enfin, s'il a déclaré résider chez Mme B, en donnant l'adresse du lieu de son interpellation par les services de police, en l'absence de tout autre élément permettant de corroborer ses dires, il n'établit pas qu'il disposait d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, il entrait donc dans les situations prévues au 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au titre desquelles la préfète pouvait légalement refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire, en application du 3° de l'article L.612-2 du même code, la circonstance qu'il ait déposé une demande de titre de séjour étant sans incidence sur l'application de ces dispositions. Par ailleurs, en faisant valoir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, le requérant conteste l'autre motif de ce refus tiré du 1° de l'article L.612-2 du même code. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Rhône aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur le 3° de cet article. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
15. En second lieu, les circonstances dont fait état M. C tirées de la durée de sa présence en France, de ses liens avec Mme B et de son comportement qui ne constitue pas une menace à l'ordre public ne sont pas suffisantes, eu égard à l'absence d'intégration particulière de l'intéressé en France et de sa présence irrégulière, pour constituer des circonstances particulières de nature à entacher la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation doit être écarté.
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
16. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et lui refusant un délai de départ volontaire au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant un pays de destination.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
18. Comme indiqué précédemment, si M. C a déclaré être entré en France au cours de l'année 2013, il ne peut se prévaloir d'une insertion particulièrement réussie dans la société française et n'y dispose d'aucun lien ancien, stable et durable. Il a, en outre, fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement, édictées en 2014, 2017 et 2019 et a été définitivement débouté de l'asile en 2020. Dans ces conditions, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, alors même qu'aucune menace à l'ordre public n'est caractérisée à la date de la décision attaquée en l'absence de toute condamnation pénale, les circonstances qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits datant de 2016 et de 2020 et qu'il a été interpellé le 10 octobre 2024 étant en tout état de cause insuffisantes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L.612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Beligon et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
V. JordaLa greffière,
F. GaillardLa République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026