mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2024, M. C D, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 14 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Loire de procéder à sa réintégration dans les effectifs des assistants familiaux du département dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge du département de la Loire sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que :
* la décision en litige l'empêche d'exercer sa profession d'assistant familial au sein du département de la Loire ce qui constitue un trouble dans ses conditions d'existence et a des conséquences psychologiques pour lui ;
* la décision le prive de son revenu et le place dans une situation de précarité financière dès lors qu'il doit faire face à de nombreuses charges mensuelles et que son épouse a également été licenciée par décision du même jour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* la décision méconnait les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles et est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une erreur d'appréciation ; le département de la Loire ne démontre pas son insuffisance professionnelle ;
* les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ; le discours de la jeune B a évolué en fonction de son interlocuteur, ses perceptions sont influencées par son passé traumatique et son désir de retrouver sa mère biologique ; le jeune A qui est marqué par des traumatismes profonds a progressé durant son accueil chez le requérant du fait de son accompagnement ; aucun suivi de ces enfants n'a été mis en place après leur réorientation ; M. D n'a pas reconnu des claques ou des gifles sur A. mais seulement une tape sur le crâne ; * le motif tiré de la mise en cause du lien de confiance avec la collectivité n'a jamais été évoqué ou explicité ;
* le maintien de l'accueil des enfants au domicile de M. et Mme D a été acté le 14 mars 2024 ;
* il exerce son activité depuis deux ans sans avoir fait l'objet d'une quelconque sanction ; son professionnalisme n'a jamais été remis en cause ;
* le calcul des indemnités kilométriques qui lui ont été versées est erroné lui causant un manque à gagner considérable ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le département de la Loire, représenté par la SELARL BLT Droit Public, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie dès lors que :
* la requête en référé a été introduite tardivement, deux mois après la notification de la décision de licenciement ;
* la décision en litige n'empêche pas le requérant d'exercer la profession d'assistant familial, son agrément ne lui ayant pas été retiré ;
* le requérant ne démontre pas qu'il ne serait pas éligible à l'allocation d'aide au retour à l'emploi ou que le montant de cette allocation ne serait pas suffisant pour lui permettre de faire face à ses charges et il a en outre perçu différentes indemnités suite à son licenciement ;
* l'intérêt public s'oppose à la suspension de l'exécution de la décision et à la réintégration du requérant ;
- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2410323 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision du 14 août 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Massin-Trachez substituant Me Cacciapaglia, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe oralement. Elle insiste sur l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige compte-tenu de ses conséquences financières sur la situation du foyer et fait valoir qu'aucun intérêt public ne s'oppose à sa réintégration dès lors qu'il est possible de le réintégrer sans lui confier d'enfants. Elle soutient, par ailleurs, que les faits reprochés à M. D et qui fondent la décision en litige ne sont pas établis, qu'il a toujours nié les gestes violents, qu'aucune procédure de suspension des agréments de M. et Mme D n'a été engagée, qu'ils exercent respectivement depuis deux ans et dix ans et demi sans aucune sanction disciplinaire, qu'il y a eu un délai important entre la dénonciation des faits par la jeune B et la réorientation des enfants accueillis et l'engagement de la procédure de licenciement. Elle indique enfin que le jeune A est un enfant difficile et que le fait qu'il ait peur de M. D permet de le cadrer ce qui ne signifie pas qu'il est maltraité.
- les observations de Me Galifi substituant Me Bonnet, représentant le département de la Loire, qui conclut aux mêmes fins que dans ses écritures qu'elle développe oralement. Elle fait valoir que l'urgence n'est pas établie par les pièces produites et que les faits reprochés sont établis par les déclarations des enfants et travailleurs sociaux ayant interrogé M. et Mme D et justifient le licenciement en litige.
- les explications de M. et Mme D qui contestent fermement les faits reprochés à M. D. M. D indique qu'il a seulement tiré les cheveux du dessus du crâne d'A. pour " faire retomber la pression ".
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. M. D demande la suspension de l'exécution de la décision du 14 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. D analysés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, la requête de M. D doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que le département de la Loire présente au titre des frais liés à la présente instance en référé.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et au département de la Loire.
Fait à Lyon, le 30 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026