Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410329

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410329
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLULÉ

Résumé IA

Suspension d'une décision de classement sans suite d'une demande de renouvellement de titre de séjour. Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, constate un non-lieu à statuer. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, la préfète du Rhône ayant repris l'instruction du dossier et délivré une attestation de prolongation d'instruction. L'Etat est condamné à verser 600 euros au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Lulé, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 septembre 2024 portant classement sans suite de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre la somme de 1 100 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie ;

- cette mesure porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté du travail, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire enregistré le 16 octobre 2024, M. B conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et maintient ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que la préfète du Rhône a repris l'instruction de son dossier, lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction et l'a convoqué à un rendez-vous en préfecture.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, puis ont été informées de la radiation du rôle de l'audience publique du 18 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de l'instance, la préfète du Rhône a convoqué M. B en préfecture à un rendez-vous fixé le 25 octobre 2024 et lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 13 septembre 2024 portant classement sans suite de sa demande de renouvellement de titre de séjour et à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de délivrer au requérant un document provisoire de séjour sont, ainsi que le fait valoir M. B, devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 18 octobre 2024.

La juge des référés,

C. Rizzato

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,