vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | DAUBIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, Mme C B, représentée par Me Daubie, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2024 par lequel le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a décidé de son réacheminement vers tout pays dans lequel elle sera légalement admissible ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de mettre fin à la mesure privative de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- les modalités de transmission de l'avis de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la décision attaquée ont méconnu le principe de confidentialité de la demande d'asile ;
- la décision attaquée n'a pas tenu compte des conditions matérielles dégradées de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas eu la possibilité d'exercer son droit à la présence d'un tiers au cours de l'entretien mené par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'entretien a eu lieu par visioconférence sans son accord préalable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, le ministre ayant excédé l'examen du seul caractère manifestement infondé de sa demande d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation quant au caractère manifestement infondé de sa demande d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 352-2 et L. 351-3 dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité et du fait que son état de santé est incompatible avec son maintien en zone d'attente ;
- la décision fixant le pays de réacheminement méconnaît l'article 33 de la convention de Genève et l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du principe de non-refoulement.
Le ministre de l'intérieur a produit des pièces, enregistrées le 17 octobre 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 18 octobre 2024, ont été entendus :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Daubie, représentant Mme B, qui reprend les conclusions de la requête par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 20 juillet 1991, est arrivée à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry par un vol en provenance de Grèce le 10 octobre 2024. Placée en zone d'attente, elle a demandé le bénéfice d'une protection internationale le 11 octobre 2024. Par une décision du 15 octobre 2024, prise après l'avis rendu le même jour par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le ministre de l'intérieur a rejeté la demande d'entrée en France au titre de l'asile formée par Mme B et a décidé son réacheminement vers tout pays dans lequel elle serait légalement admissible. La requérante demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ( ) ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. ". Aux termes de l'article L. 352-2 du même code : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées au huitième alinéa de l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article () ".
5. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile aient accès à ces informations. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d'information résultant de la demande d'asile, dès lors que ces éléments n'ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter les demandes, à savoir les agents de police ainsi que les agents de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel.
6. En deuxième lieu, Mme B soutient que le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne pouvait conclure au caractère insuffisamment étayé et détaillé de ses déclarations sans prendre en compte les conditions matérielles de son entretien avec le représentant de l'OFPRA et la circonstance qu'elle venait d'arriver en France et n'avait pas eu le temps de le préparer ou de rassembler des preuves. Elle soutient également qu'elle a eu des difficultés à bien entendre son interlocuteur au cours de l'entretien, que la connexion vidéographique ou sonore était parfois interrompue, et qu'elle n'a pas pu expliquer correctement sa situation. Toutefois, le compte-rendu de cet entretien du 15 octobre 2024, qui s'est déroulé par visioconférence, ne révèle aucune difficulté de compréhension des questions posées à Mme B, ni aucune difficulté technique sur la plan de la sonorisation, et démontre qu'elle a été mise en mesure d'exposer sa situation de manière suffisamment précise et approfondie pour permettre à l'administration de se prononcer sur sa situation au regard de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, si Mme B allègue qu'elle n'a pu exercer son droit à la présence d'un tiers lors de l'entretien dont elle a bénéficié avec l'officier de protection de l'OFPRA le 15 octobre 2024, notamment du fait de l'absence en zone d'attente d'une connexion à internet lui permettant d'accéder au site de l'OFPRA où figurent les coordonnées des associations habilitées, il ressort du procès-verbal de notification de ses droits en qualité de demandeur d'asile en date du 11 octobre 2024 que l'intéressée a été informée de son droit de se présenter à l'entretien accompagné soit d'un avocat, soit d'un représentant d'une association habilitée. En outre, le ministre de l'intérieur fait valoir, sans être contesté sur ce point, que la liste des associations habilitées est affichée en zone d'attente. Par suite, le moyen ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut décider de procéder à l'entretien personnel en ayant recours à un moyen de communication audiovisuelle dans les cas suivants : / () 2° Lorsqu'il est retenu dans un lieu privatif de liberté ; / () L'officier de protection chargé de la conduite de l'entretien a la maîtrise des opérations. Il lui appartient de veiller au respect des droits de la personne. Il doit à tout instant pouvoir s'assurer du respect des bonnes conditions d'audition et de visionnage. Il peut mettre fin à l'entretien si ces conditions ne sont pas réunies ou si les circonstances de l'espèce l'exigent. Dans ce cas, l'entretien a lieu en présence de l'intéressé. / L'intéressé entendu par un moyen de communication audiovisuelle doit, si besoin avec l'aide d'un interprète, être informé par l'office avant le commencement de l'entretien du déroulement des opérations, notamment des modalités permettant d'assurer le respect des règles de confidentialité ".
9. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis du 15 octobre 2024 du directeur général de l'OFPRA, que l'entretien personnel de Mme B a été réalisé par visioconférence, conformément aux dispositions du 2° de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen de communication audiovisuelle ne saurait porter atteinte aux droits de la défense de la requérante dès lors que cette dernière a été informée, à cette occasion, de la possibilité de se faire assister au cours de la procédure d'asile par un avocat ou une association humanitaire habilitée à assister juridiquement les étrangers en zone d'attente, ainsi que de la possibilité de communiquer avec un représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Si la requérante se prévaut d'une décision du Conseil constitutionnel n° 2003-484 DC du 20 novembre 2003, ce dernier a estimé que la possibilité d'organiser des audiences dans des salles spéciales ou par des moyens de télécommunication audiovisuelle prévue par l'article 50 de la loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l'immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité garantissait de façon suffisante la tenue d'un procès juste et équitable. Elle ne peut utilement se prévaloir d'un communiqué de presse du 21 février 2018 du contrôleur général des lieux de privation de liberté ni de ce que son consentement devait être recueilli dès lors que les dispositions de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne le prévoient pas.
10. En cinquième lieu, le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.
11. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes de la décision attaquée, que le ministre de l'intérieur aurait excédé la compétence que lui confèrent les dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'aurait pas limité son appréciation au caractère manifestement infondé de la demande d'asile de Mme B.
12. D'autre part, lors de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et au cours de la présente instance, Mme B a déclaré qu'elle avait quitté le Cameroun en raison de son orientation sexuelle. Elle explique que lorsqu'elle a annoncé à ses parents qu'elle était homosexuelle et que c'était pour cette raison qu'elle refusait toute proposition de mariage, ceux-ci ont réagi très violemment ainsi que ses frères et sœurs, dès lors qu'elle vient d'une famille catholique très pratiquante, qu'ils l'ont séquestrée, surveillée, battue et obligée à suivre une thérapie de conversion traditionnelle en vue de lui faire renoncer à cette orientation sexuelle, et que dans ce contexte elle a perdu son travail et le contact de tous ses amis et membres de la communauté homosexuelle à Douala. Néanmoins, au cours de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides comme au cours de l'audience, ses propos sont demeurés peu crédibles, en particulier sur les conditions dans lesquelles, alors qu'elle disposait d'un travail et était déjà âgée de 29 ans, elle a tout de même souhaité faire part de son homosexualité à ses parents et a ensuite été incapable d'échapper à l'emprise de sa famille. En outre, Mme B a toujours indiqué n'avoir pas développé de véritable relation de couple avec une femme alors qu'elle vivait au Cameroun. Si elle fréquentait d'autres membres de la communauté homosexuelle, elle indique que leurs rencontres se déroulaient de manière discrète à l'occasion de fêtes dans deux lieux précisément identifiés, et que dans ce cadre elle n'a jamais été soupçonnée ni inquiétée par des tiers ou par les autorités de son pays. De même, elle précise qu'elle n'a jamais sollicité les autorités de son pays pour échapper aux sévices infligés par les membres de sa famille, ni été menacée ou inquiétée d'une quelconque manière par les forces de l'ordre en raison de son orientation sexuelle. Dès lors, son récit sur les événements qui auraient déclenché son départ du Cameroun apparaît imprécis et peu convaincant, et ne fait pas apparaître de menace pesant sur elle d'une nature susceptible d'être utilement invoquée au soutien d'une demande d'asile. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit, considérer que sa demande d'asile était manifestement infondée et refuser l'entrée en France de Mme B au titre de l'asile sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 351-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans le cadre de l'examen tendant à déterminer si la demande d'asile n'est pas irrecevable ou manifestement infondée, considère que le demandeur d'asile, notamment en raison de sa minorité ou du fait qu'il a été victime de torture, de viol ou d'une autre forme grave de violence psychologique, physique ou sexuelle, nécessite des garanties procédurales particulières qui ne sont pas compatibles avec sa présence en zone d'attente, il y est mis fin. L'étranger est alors muni d'un visa de régularisation de huit jours. Dans ce délai, l'autorité administrative compétente lui délivre, à sa demande, une attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire cette demande auprès de l'office. " ; et aux termes de l'article R. 351-2 du même code : " Toute personne intervenant en zone d'attente peut signaler au responsable de la zone d'attente ou à son représentant la situation de vulnérabilité d'un demandeur d'asile qu'elle aurait constatée, ou dont le demandeur d'asile aurait fait état. / Le responsable de la zone d'attente ou son représentant détermine, le cas échéant, les modalités particulières de maintien en zone d'attente tenant compte de la situation de vulnérabilité du demandeur./ Les informations attestant d'une situation particulière de vulnérabilité portées à la connaissance du responsable de la zone d'attente en application du premier alinéa sont communiquées oralement ou par écrit, après accord du demandeur d'asile, à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ".
14. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été vue en consultation à l'hôpital durant son placement en zone d'attente, et que les examens pratiqués ont révélé la présence de trois masses suspectes dans la région pelvienne, possiblement tumorales, nécessitant des investigations approfondies dans un délai d'environ deux semaines afin de mettre en place un traitement adapté. En conséquence, un rendez-vous a été prévu en service hospitalier de gynécologie le 4 novembre 2024. Néanmoins, le médecin hospitalier l'ayant examinée le 17 octobre 2024 a indiqué que son état de santé ne justifiait pas une hospitalisation en urgence immédiate et qu'elle pouvait retourner dans son lieu de vie dans l'attente de son rendez-vous, à condition d'avoir accès à des antalgiques et de pouvoir y accéder à un lieu de repos où elle peut s'allonger, ce que la requérante ne conteste pas pouvoir faire en zone d'attente. Au demeurant, il ressort des documents médicaux produits qu'elle a également passé des examens médicaux en Grèce, où elle pourra poursuivre sa prise en charge médicale. Ainsi, Mme B ne présente pas un état de vulnérabilité faisant obstacle à son maintien en zone d'attente, ou dont l'Office français de protection des réfugiés et apatrides aurait nécessairement dû tenir compte pour l'examen de sa demande, au sens des dispositions précitées. Le moyen tiré de l'absence de prise en compte de la vulnérabilité de la requérante dans le cadre de l'instruction de sa demande d'asile doit donc être écarté.
15. En septième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
16. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que Mme B n'établit aucune menace actuelle et personnelle à son égard de la part des autorités camerounaises. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée, en ce qu'elle prescrit son réacheminement vers tout pays où elle sera légalement admissible, méconnaîtrait les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 ainsi que celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. En dernier lieu, dès lors que Mme B a été entendue par un agent de l'OFPRA, la circonstance que l'office a examiné sa demande au regard de son caractère manifestement infondé n'a pas pour effet de priver l'intéressé de la garantie tenant à l'examen au fond de sa demande d'asile. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le ministre de l'intérieur, en lui refusant l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile, aurait méconnu le principe de non-refoulement.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'Intérieur.
Lu en audience publique le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
C. ALa greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2410383
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026