lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410432 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 17 octobre 2024 et le 20 octobre 2024, M. F A, retenu au centre de rétention administrative de Lyon, représenté par Me C, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouveler son titre de séjour :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle a été adoptée alors que son précédent titre de séjour n'avait pas encore expiré ;
- elle méconnaît des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 6 paragraphe 1 de la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003, dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle est entaché d'une erreur d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, notamment dès lors que la communauté de vie avec son épouse, avec laquelle il n'a pas divorcé, est maintenue ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il présente des garanties de représentation suffisantes ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale et de la durée de cette mesure.
Des pièces, enregistrées le 19 octobre 2024, ont été produites par le préfet du Puy-de-Dôme.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants des pays tiers résidents de longue durée ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Le Roux, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux, magistrate désignée ;
- les observations de Me C, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête en soulevant les mêmes moyens ; il insiste sur la circonstance que l'épouse de M. A n'a jamais déposé de plainte à son égard, que le couple n'a aucune intention de divorcer et qu'elle a demandé la levée de l'interdiction judiciaire d'entrer en son contact et sur l'absence de caractérisation d'une menace à l'ordre public ; s'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire, il précise que M. A n'a jamais indiqué ne pas entendre se conformer à la décision d'éloignement prise à son encontre et qu'il atteste résider à son ancienne adresse ; il insiste également sur la durée disproportionnée de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
- les observations de Mme D, substitué par Me Coquel, représentant le préfet du Puy-de-Dôme, qui écarte l'ensemble des moyens soulevés et insiste sur l'absence de vie commune entre les époux, le quantum de la peine prononcée par le tribunal correctionnel à l'encontre du requérant, révélant la gravité de son comportement, et l'absence de certitude concernant son lieu de résidence actuel ;
- et les observations de M. A, requérant, qui précise qu'il est en couple avec son épouse depuis 2013, qu'il a voulu dénoncer lui-même son comportement envers son épouse en se rendant volontairement devant les services de police, mais que ces faits de violence sont isolés et qu'il n'a jamais eu d'antécédents judiciaires, qu'il réside toujours à son ancienne adresse et que son épouse réside chez son beau-père en attendant la levée de la mesure d'interdiction d'entrer en relation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 5 février 1993, est entré en France le 14 septembre 2013 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant. Il a obtenu des titres de séjour en qualité d'étudiant entre 2013 et 2019, puis en qualité de conjoint de français entre 2021 et 2024. Le 3 septembre 2024, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une carte de résident, sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
4. Par un arrêté du 30 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Puy-de-Dôme a donné délégation de signature à Mme E B, directrice de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du Puy-de-Dôme et signataire de l'arrêté contesté, aux fins de signer " tous actes administratifs () relatifs aux affaires entrant dans les attributions et compétences de la direction de la citoyenneté et de la légalité ", laquelle comprend le service de l'immigration et de l'intégration et le bureau du séjour, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant sur la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la décision portant refus de renouveler son titre de séjour :
5. En premier lieu, si M. A soutient qu'il était toujours titulaire d'un titre de séjour en cours de validité à la date de la décision attaquée, il ne contredit toutefois pas utilement les termes de cette décision selon lesquels son dernier titre de séjour, délivré en tant que conjoint de français, a expiré le 1er juin 2024. Par suite son moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " () Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle () ". L'article L. 432-1 du même code, transposant l'article 6 paragraphe 1 de la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003, dispose que : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
7. Il ressort des termes de la décision en litige que, pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. A en qualité de conjoint de français, le préfet du Puy-de-Dôme s'est fondé sur les circonstances que l'intéressé représentait une menace à l'ordre public dès lors qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à une peine d'emprisonnement délictuel de dix-huit mois, dont douze assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, pour des faits de " violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ", et, qu'à la date de la décision attaquée, il ne pouvait plus justifier d'une communauté de vie effective avec son épouse, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'une part, M. A, qui est marié avec une ressortissante française depuis le 23 janvier 2021, fait valoir qu'il n'est pas séparé de sa compagne, et qu'ils n'ont pas l'intention de divorcer, comme en témoigne une attestation de son épouse du 18 octobre 2024. Si le requérant produit une lettre de son épouse demandant au juge d'application des peines de lever de la mesure d'interdiction de contact la concernant, il résulte toutefois de la peine prononcée à l'encontre de M. A par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand le 6 mai 2024, et maintenue sur ce point par l'ordonnance de libération sous contrainte du juge d'application des peines du 8 août 2024, qu'il est fait interdiction au requérant d'entrer en relation avec la victime de l'infraction, en l'occurrence son épouse. Il s'ensuit que, en application de cette condamnation et au regard de la gravité et de la durée durant laquelle les faits qu'il a commis à l'encontre de son épouse lui sont reprochés, le préfet a pu, à bon droit, considérer que la communauté de vie entre les époux avait cessé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation en méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 423-1 et L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Dans le même sens, et en l'absence d'argumentation distincte sur ce point, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme aurait commis un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle du requérant en considérant que la communauté de vie avec son épouse était rompue, et en refusant de renouveler son titre de séjour pour ce motif. D'autre part, si le requérant fait état de la circonstance qu'il n'a jamais fait l'objet d'autres condamnations par le passé, qu'il n'est pas connu défavorablement par les services de police et de gendarmerie pour d'autres faits, qu'il s'est rendu volontairement devant les services de police afin de dénoncer les faits pour lesquels il a été condamné, et que son épouse n'a jamais déposé de plainte à son encontre, il résulte des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme aurait pris la même décision en se fondant seulement sur ce motif tiré de la rupture de la communauté de vie du requérant avec son épouse française.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il résulte de ce qui précède que la communauté de vie entre M. A et son épouse française a cessé depuis le jugement du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand du 6 mai 2024 et leur relation ne saurait être regardée comme particulièrement intense et stable au regard de la gravité et de la durée des faits justifiant la condamnation qui a été prononcée à l'encontre du requérant. Par ailleurs, si le requérant se prévaut également de la durée de sa présence régulière sur le territoire français, il ne saurait se prévaloir de la durée de son séjour sous couvert de titres de séjour délivré en tant qu'étudiant, lesquels ne confèrent pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. En outre, le requérant ne produit aucune pièce justifiant d'une insertion professionnelle en France et il ne se prévaut d'aucune autre relation particulière sur ce territoire, alors qu'il conteste pas les termes de la décision attaquée selon lesquels il n'est pas dépourvu de tous liens dans son pays d'origine, où résident notamment sa mère et ses frères et sœurs. Par suite, le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas, en refusant de renouveler son titre de séjour, porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
11. En second lieu, en l'absence d'argumentation distincte sur ces points, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et du défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation, pourront être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. En l'espèce, d'une part, il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que c'est à tort que le préfet du Puy-de-Dôme a considéré que le comportement de M. A constituait une menace pour l'ordre public. D'autre part, contrairement à ce que soutient la décision attaquée, il ne ressort pas des propos tenus par M. A lors de son audition administrative du 11 septembre 2024, qui s'est contenté de faire part de son souhait de continuer à vivre en France aux côtés de son épouse, qu'il aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Enfin, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation d'hébergement rédigée par le père de l'épouse du requérant, que M. A réside toujours au domicile conjugal, sans son épouse, qui est hébergée chez son père depuis le jugement du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand du 6 mai 2024. Il s'ensuit que c'est à tort que le préfet du Puy-de-Dôme a considéré que le requérant ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes en l'absence de justification d'une résidence effective. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête développés à l'encontre de cette décision, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, ainsi que, par voie de conséquences, l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
16. Le présent jugement qui se contente d'annuler la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire au requérant et la décision portant interdiction de retourner sur le territoire français d'une durée de cinq ans n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction du requérant présentées à ce titre seront donc rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. M. A a été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me C, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me C de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A lui-même.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les décisions du 7 octobre 2024 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. A et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans à son encontre, sont annulées.
Article 3 : Sous la réserve mentionnée au dernier point du présent jugement, l'État versera à Me C, avocat de M. A, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, à Me C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La magistrate désignée,
J. Le Roux
La greffière
L. Bon-MardionLa République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026