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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410641

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410641

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410641
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. A E C demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de la Savoie a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de 72 heures ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, faute pour le préfet de la Savoie d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Des pièces, enregistrées le 24 octobre 2024, ont été produites en défense par le préfet de la Savoie.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Gros, première conseillère.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relatif à la création d'Eurodac pour la comparaison des empreintes digitales aux fins de l'application efficace du règlement (UE) n ° 604/2013 et relatif aux demandes de comparaison avec les données d'Eurodac présentées par les autorités répressives des États membres et Europol à des fins répressives, et modifiant le règlement (UE) n ° 1077/2011 portant création d'une agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d'information à grande échelle au sein de l'espace de liberté, de sécurité et de justice ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 25 octobre 2024, ont été entendus :

- le rapport de Mme Gros ;

- les observations de Me Zouine, représentant M. C, qui reprend les conclusions et les moyens de la requête, en précisant que :

* s'agissant des conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative : la somme demandée s'élève à 1000 euros,

* s'agissant du vice d'incompétence : l'article 8 de l'arrêté du préfet de la Savoie du 28 août 2024 donne délégation à Mme B pour signer les arrêtés en matière " d'éloignement des étrangers ", au nombres desquels ne figurent pas les arrêtés de transfert, prévus au livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

* s'agissant des moyens tirés de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : M. C, qui, selon les déclarations de la préfète de l'Ain à l'audience, a sollicité l'asile le 12 octobre 2024 en rétention, aurait dû se voir remettre les brochures d'information et bénéficier de l'entretien respectivement prévus par les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ; les moyens demeureraient opérants même en l'absence de demande d'asile en France, en vertu du paragraphe 4 de l'article 20 de ce règlement ;

- les observations de M. C, assisté de M. D, interprète en langue arabe, qui expose que sa demande d'asile a été rejetée par les autorités allemandes et qu'il ne dispose plus du droit de séjourner dans cet État et indique ne pas vouloir retourner en Irak, où son père a été tué par le Hezbollah irakien ;

- et les observations de Me Tomasi, représentant la préfète de l'Ain, qui conclut au rejet de la requête aux motifs que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité compétente, est suffisamment motivé et procède d'un examen particulier de la situation de M. C, que si le requérant a sollicité l'asile en rétention le 12 octobre 2021, les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne trouvent pas à s'appliquer dans le cadre d'une demande de reprise en charge et que les craintes de l'intéressé quant au défaut de protection en Allemagne, État membre de l'Union européenne, signataire de la convention de Genève et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peuvent être tenues pour établies du seul fait qu'il est susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement édictée par les autorités allemandes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E C, ressortissant irakien né le 21 juillet 1990, déclare être entré en France le 11 septembre 2024. À la suite de son interpellation le 11 octobre 2024, il a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit de circulation ou de séjour en France. La consultation du fichier européen Eurodac ayant fait apparaître que l'intéressé avait demandé l'asile en Allemagne, les autorités allemandes ont été saisies d'une demande de reprise en charge le 11 octobre 2024. Par une décision du même jour, M. C a été placé en rétention administrative sur le fondement de l'article L. 751-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les autorités allemandes ayant donné leur accord à sa reprise en charge le 17 octobre 2024, le préfet de la Savoie a, par un arrêté du 21 octobre 2024, décidé la remise de l'intéressé à ces mêmes autorités. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 visé ci-dessus : " Droit à l'information / 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un Etat membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'Etat membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un Etat membre peut mener à la désignation de cet Etat membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les Etats membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des Etats membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune (), contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. () ". Selon le paragraphe 2 de ce règlement, une demande de protection internationale est réputée introduite à partir du moment où un formulaire présenté par le demandeur ou un procès-verbal dressé par les autorités est parvenu aux autorités compétentes de l'État membre concerné. Aux termes de l'article 5 du même règlement : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque: / a) le demandeur a pris la fuite; ou / b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. / L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".

5. Aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 visé ci-dessus : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'État membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / () b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement () / 2. (.) Dans le cas de personnes relevant de l'article 17, paragraphe 1, les informations visées au paragraphe 1 du présent article sont fournies au plus tard au moment où les données concernant cette personne sont transmises au système central. Cette obligation ne s'applique pas lorsqu'il s'avère impossible de fournir ces informations ou que cela nécessite des efforts disproportionnés. / 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. () ". Aux termes de l'article 17 de ce règlement : " 1. En vue de vérifier si un ressortissant de pays tiers ou un apatride séjournant illégalement sur son territoire n'a pas auparavant introduit une demande de protection internationale dans un autre État membre, un État membre peut transmettre au système central les données dactyloscopiques relatives aux empreintes digitales qu'il peut avoir relevées sur un tel ressortissant de pays tiers ou apatride, âgé de 14 ans au moins, ainsi que le numéro de référence attribué par cet État membre. () ".

6. Par son arrêt du 30 novembre 2023, Ministero dell'Interno (C-228/21), la Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit que l'obligation de communiquer la brochure commune mentionnée à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et à l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 et de tenir l'entretien individuel visé à l'article 5 du règlement n° 604/2013 s'impose tant dans le cadre d'une première demande de protection internationale et d'une procédure de prise en charge, respectivement visées à l'article 20, paragraphe 1, et à l'article 21, paragraphe 1, du règlement n° 604/2013, que dans le cadre d'une demande de protection internationale subséquente et d'une situation, telle que visée à l'article 17, paragraphe 1, du règlement n° 603/2013, susceptibles de donner lieu à des procédures de reprise en charge visées à l'article 23, paragraphe 1, et à l'article 24, paragraphe 1, du règlement n° 604/2013.

7. Il ressort des pièces du dossier que les autorités françaises, après avoir constaté que M. C séjournait irrégulièrement sur le territoire national, ont relevé ses empreintes et les ont transmises au système Eurodac le 11 octobre 2024. Postérieurement à son placement en rétention, décidé le même jour, mais avant l'édiction, le 21 octobre 2024, de l'arrêté de transfert litigieux, l'intéressé a, selon les déclarations concordantes des parties à l'audience, présenté une demande d'asile. En application des principes rappelés au point 6, il devait, ainsi, se voir communiquer la brochure commune. Or, il est constant qu'une telle brochure ne lui a pas été remise. M. C n'ayant pas été destinataire des informations contenues dans cette brochure, les autorités françaises ne pouvaient, sur le fondement du paragraphe 2 de l'article 5 du règlement n° 604/2013, se dispenser de mener avec lui l'entretien individuel mentionné à cet article. Or, il est tout aussi constant qu'un tel entretien individuel n'a pas eu lieu. Dès lors, l'arrêté de transfert litigieux est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, ayant privé le requérant d'une garantie.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de la Savoie a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de sa demande d'asile.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. L'annulation prononcée ci-dessus implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Savoie de procéder au réexamen de la situation de M. C dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à la SCP Couderc-Zouine, conseil de M. C, une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation par son conseil à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.

DECIDE :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de la Savoie a décidé la remise de M. C aux autorités allemandes, responsables de sa demande d'asile, est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Savoie de réexaminer la situation de M. C dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'État versera à la SCP Couderc-Zouine la somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. C soit définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle et que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C et au préfet de la Savoie.

Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

La magistrate désignée,

R. Gros

La greffière,

L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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