vendredi 15 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HARUTYUNYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés le 24 octobre et le 14 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Harutyunyan, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 mars 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, ainsi que la décision née le 2 juillet 2024 rejetant implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle provisoire d'agent privé de sécurité, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il ne peut plus travailler en qualité d'agent de sécurité depuis le mois de mai 2024, qu'il est désormais en situation précaire, et qu'il dispose d'une promesse d'embauche en contrat à durée déterminée qui est valable jusqu'au 1er décembre 2024 ;
- sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants : la décision de retrait de sa carte professionnelle a été prise sans respect de la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; elle n'est pas suffisamment motivée ; elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation
Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2024, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision : l'urgence à retirer la carte professionnelle du requérant permettait de se dispenser d'une procédure contradictoire préalable ; le comportement du requérant est de nature à porter atteinte à la sécurité publique dès lors que le requérant est connu en tant qu'individu dangereux susceptible de combattre dans le cadre du conflit russo-ukrainien et comme appartenant à la mouvance d'ultra-droite.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 août 2024 sous le n°2408664 par laquelle M B demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieur ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Larcher, substituant Me Harutyunyan, représentant M. B, qui a repris les moyens et conclusions développés à l'écrit, et insiste oralement sur le caractère laconique et peu probant de la note blanche produite par le CNAPS et indique que les voyages de M. B en Russie se justifient par la présence de sa famille dans ce pays.
Le directeur du CNAPS n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 7 juillet 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité a délivré à Monsieur B une carte professionnelle autorisant son titulaire à exercer des activités privées de sécurité. Il demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 mars 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, ainsi que la décision née le 2 juillet 2024 rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision en litige, M. B soutient que le retrait de sa carte professionnelle le prive de pouvoir exercer sa profession d'agent de sécurité, que s'il a pu trouver une mission en tant qu'agent de sécurité incendie de juillet à septembre 2024, celle-ci était temporaire et cette situation est instable, qu'il est désormais dans une situation financière précaire et ne dispose plus que d'un droit de 39 jours à l'aide au retour à l'emploi, enfin qu'il dispose d'une promesse d'embauche qui sera caduque au 1er décembre 2024. Il résulte de l'instruction que la décision litigieuse a eu pour effet de priver M. B de la possibilité de travailler dans le secteur de la sécurité et de sa seule source stable de revenus. S'il est vrai qu'une décision implicite rejetant son recours gracieux est née le 2 juillet 2024 et que M. B n'a sollicité la suspension de cette décision que le 24 octobre 2024, il résulte de l'instruction que l'intéressé a occupé un emploi d'agent de sécurité incendie à compter du mois de juillet 2024, mais que cette mission a pris fin le 30 septembre 2024, et qu'il ne dispose plus aujourd'hui de missions lui procurant un revenu. Dans ces conditions, le retrait de sa carte professionnelle est susceptible, dans les circonstances de l'espèce, de porter une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de M. B. Par suite, les effets de la décision litigieuse sont de nature à caractériser, à la date de la présente ordonnance, une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit justifié d'un intérêt public rendant nécessaire l'exécution immédiate de la décision en litige, en l'absence, ainsi qu'il suit, de faits justifiant le retrait de la carte professionnelle délivrée à M. B.
En ce qui concerne le doute sérieux :
5. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. () / En cas d'urgence, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité peut retirer la carte professionnelle. () ".
6. Si le CNAPS a produit en défense une note blanche non-datée et soutient qu'il ressort des éléments portés à sa connaissance que le comportement de M. B est de nature à porter atteinte à la sécurité publique et justifiait le retrait sans délai de sa carte professionnelle, en l'état de l'instruction, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de procédure contradictoire préalable et de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Dès lors, les deux conditions requises à l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 13 mars 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a retiré à M. B, sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, ainsi que la décision née le 2 juillet 2024 rejetant implicitement son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Au regard du motif de la suspension prononcée, il y a lieu d'enjoindre au CNAPS de restituer, à titre provisoire, à M. B sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, dans le délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNAPS, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 13 mars 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a retiré à M. B, sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, ainsi que la décision née le 2 juillet 2024 rejetant implicitement son recours gracieux, est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
Article 2 : Il est enjoint au CNAPS de restituer, à titre provisoire, à M. B sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de cette ordonnance.
Article 3 : Le CNAPS versera à M. B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejetée.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au Conseil national des activités privées de sécurité et au ministre de l'intérieur.
Fait à Lyon, le 15 novembre 2024.
Le juge des référés,
C. Bertolo
La greffière,
F. GaillardLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2410676
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026