jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410799 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SARL LACHENAUD AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre en date du 14 décembre 2022 ;
3°) de dire que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue, en application des dispositions de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;
4°) de mettre la somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une situation d'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige dès lors qu'il est actuellement au centre de rétention et que son éloignement peut intervenir à tout moment ;
- un élément nouveau est intervenu depuis la décision d'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre, la consultation de la borne Eurodac a confirmé sa qualité de demandeur d'asile en Italie, une décision de transfert vers l'Italie a été édictée le 12 septembre 2024 ;
- son éloignement vers son pays d'origine porterait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'asile dès lors que sa demande d'asile déposée en Italie n'a pas fait l'objet d'un rejet définitif ;
- il est également porté atteinte à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie,
- le requérant n'établit pas qu'il existerait une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Lachenaud, représentant M. A, qui maintient ses écritures qu'elle développe oralement et les explications de M. A.
La préfète du Rhône n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant du Bangladesh né le 15 avril 1988, a notamment fait l'objet d'une peine complémentaire d'interdiction judiciaire de séjour sur le territoire français prononcée à son encontre le 14 décembre 2022 par la cour d'appel de Lyon. A sa levée d'écrou, il a fait l'objet d'un arrêté du 23 août 2024 fixant le Bangladesh ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible comme pays de renvoi et d'un arrêté du même jour portant placement au centre de rétention administrative. Par un jugement du 27 août 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Lyon a rejeté le recours formé par M. A contre la décision du 23 août 2024 par laquelle la préfète du Rhône a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné. Par un arrêté du 12 septembre 2024, la préfète du Rhône a ordonné la remise de M. A aux autorités italiennes. Par correspondances du 22 août 2024, des 9 et 26 septembre 2024 et du 14 octobre 2024, la préfète du Rhône a sollicité un laissez-passer consulaire auprès des autorités du Bangladesh. Le requérant doit être regardé, eu égard à ses écritures et aux échanges à l'audience, comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre sans délai son éloignement vers le Bangladesh.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
5. D'une part, aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de la peine d'interdiction du territoire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution, sous réserve que la décision fixant le pays de renvoi n'expose pas l'intéressé à être éloigné à destination d'un pays dans lequel sa vie ou sa liberté seraient menacées, où il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. D'autre part, le mécanisme particulier de contestation d'un arrêté fixant le pays de destination ne fait pas obstacle à l'intervention du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dans le cas où les mesures par lesquelles il est procédé à l'exécution d'un tel arrêté comportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait depuis l'intervention de cet arrêté, excèdent le cadre qu'implique normalement sa mise à exécution et porteraient une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il appartient dans ce cas au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
7. En premier lieu, l'atteinte à la liberté d'aller et venir qu'invoque le requérant découle en réalité du prononcé par le juge pénal de la peine d'interdiction du territoire qui le frappe, laquelle fait obstacle à sa liberté de circulation sur le territoire et lui interdit temporairement d'y revenir, et non de la décision préfectorale litigieuse, qui se borne à fixer un pays de destination, à partir duquel il pourra gagner d'autres destinations.
8. En second lieu, il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a été informée le 27 août 2024 du résultat positif des recherches entreprises le même jour dans le fichier EURODAC à partir du relevé des empreintes digitales de M. A et a saisi les autorités italiennes d'une demande de reprise en charge du requérant le 28 août 2024. Par un arrêté du 12 septembre 2024, elle a, après avoir constaté que " M. A a demandé l'asile en Italie " et que " l'Italie doit être considérée comme responsable de la demande d'asile de M. A ", ordonné sa remise aux autorités italiennes. Alors même qu'il est constant que M. A n'a pas déposé de demande d'asile en France alors qu'il a été informé de cette possibilité, la préfète du Rhône ne peut exécuter la décision d'éloignement de M. A vers son pays d'origine sans s'être assurée du rejet de sa demande d'asile par les autorités italiennes dès lors qu'elle a considéré que ces autorités étaient responsables de la demande formée par le requérant. Alors que la préfète du Rhône soutient qu'aucun vol n'a été réservé à destination du Bangladesh, qu'aucune décision de routage n'a été prise et que M. A ne dispose d'aucun document de voyage, celui-ci ne ne justifie pas, à la date de la présente ordonnance, qu'il serait susceptible d'être éloigné, à brève échéance, vers le Bangladesh. Par suite, en l'état de l'instruction, le requérant n'établit pas l'urgence de sa demande au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Lachenaud et à l'association Forum Réfugiés.
Fait à Lyon le 31 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026