Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de renouvellement d'un titre de séjour d'un ressortissant turc. Le tribunal constate que la préfète a accordé une carte de séjour pluriannuelle en cours d'instance, ce qui prive les conclusions d'annulation et d'injonction de leur objet. Il met néanmoins à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais d'instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, M. B... A..., représenté par Me Hassid, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de refus née le 18 mai 2024 du silence conservé par la préfète du Rhône sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer dans le délai de quinze jours une carte de séjour d’une validité de quatre ans ou, à défaut, de le munir sous huit jours d’un document provisoire de séjour lui permettant de travailler et de statuer sur sa demande dans le délai d’un mois, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- faute de réponse à la demande de communication de ses motifs, la décision implicite attaquée est entachée d’illégalité ;
- il remplit les conditions requises par l’article L. 433-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et le refus critiqué méconnaît également les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2026, la préfète du Rhône demande au tribunal de constater que les conclusions de M. A... à fin d’annulation ont perdu leur objet et de rejeter les conclusions de la requête présentées au titre des frais d’instance.
Vu, enregistrées le 6 mars 2026, les observations présentées pour M. A....
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l’audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant turc né en 1981, M. A... conteste la décision implicite de refus née du silence conservé par la préfète du Rhône sur sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction :
2. Il est constant que, par une décision du 25 septembre 2025, la préfète du Rhône a fait droit en cours d’instance à la demande présentée par M. A... en lui accordant une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 24 septembre 2027. Les conclusions de la requête de M. A... aux fins d’annulation et d’injonction ayant de ce fait perdu leur objet, il n’y a plus lieu d’y statuer.
Sur les frais liés au litige :
3. Dans les circonstances de l’espèce et en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement au requérant de la somme de 1 000 euros au titre des frais d’instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A... aux fins d’annulation et d’injonction.
Article 2 : L’Etat versera à M. A... la somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2026, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Boulay, première conseillère,
Mme Goyer Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.
Le président, rapporteur,
A. Gille
L’assesseure la plus ancienne,
P. Boulay
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,