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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410843

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410843

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410843
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantSENE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, M. D A, représenté par Me Sene demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 1er octobre 2024 par lesquelles la préfète du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer une carte de séjour " salarié " dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ; en outre elle est disproportionnée au regard de la durée de sa présence en France.

Des pièces ont été enregistrées le 27 novembre 2024 pour la préfète du Rhône qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Clément, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 6 octobre 1985, déclare être entré sur le territoire français irrégulièrement en 2018. M. A a fait l'objet, le 27 janvier 2020 de décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans dont la légalité a été confirmée par le tribunal le 20 juillet 2020. Le 20 juin 2023, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er octobre 2024, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète du Rhône a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter dans un délai de trente jours le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B C, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 30 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".

4. Alors que le requérant célibataire et sans enfants fait valoir son activité professionnelle dans le secteur du bâtiment et la durée de son séjour en France, la préfète du Rhône qui s'est fondée sur la circonstance que les missions d'intérim effectuées par le requérant n'établissent pas une insertion professionnelle justifiant d'une admission exceptionnelle au séjour alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de celle fixant le pays de destination et de celle lui interdisant le territoire français.

6. En quatrième lieu, alors que le requérant s'est soustrait à une précédente obligation de quitter le territoire assortie d'une interdiction du territoire de deux ans, le requérant ne faisant état d'aucune attache particulière en France n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône a commis une erreur d'appréciation en prononçant une interdiction de territoire d'une durée de deux ans.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées et par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 9 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Duca, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.

Le président-rapporteur,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

A. Duca

La greffière,

A. Calmès

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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