lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, M. D B demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 29 octobre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre par le préfet de police de Paris le 9 août 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros par application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans examen particulier de sa situation personnelle ;
- sa présence en France n'est pas constitutive d'une menace pour l'ordre public ;
- cette décision présente un caractère disproportionné ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Le préfet du Puy-de-Dôme a produit des pièces, qui ont été enregistrées le 1er novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 4 novembre 2024, Mme A a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Vray, avocate de M. B,
- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue arabe,
- les observations de Me Tomasi, avocat du préfet du Puy-de-Dôme.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1991, déclare être entré en France en 2023, avec sa compagne, qu'il a épousé à Clermont-Ferrand en octobre 2023. Par une décision du 29 octobre 2024 dont il demande l'annulation au tribunal, le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé d'une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français qui avait été prononcée à son encontre le 9 août 2024 par le préfet de Police de Paris.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Selon le 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
4. En premier lieu, la décision contestée, qui fait mention des textes sur lesquels elle se fonde, rappelle que M. B a fait l'objet, le 9 août 2024, d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans, prise par le préfet de police de Paris, et que cette mesure n'a été ni contestée devant la juridiction compétente, ni exécutée par l'intéressé. Pour déterminer la durée de la prolongation de l'interdiction de retour, le préfet du Puy-de-Dôme a indiqué dans sa décision que M. B a déclaré être entré sur le territoire français en avril 2023, et y avoir épousé en octobre 2023 sa compagne qui est une compatriote. La décision mentionne que cette dernière a toutefois quitté le territoire national, ce qui a été confirmé au cours des débats tenus au cours de l'audience publique. Le préfet du Puy-de-Dôme a enfin relevé que la présence de l'intéressé sur le territoire français est constitutive d'une menace pour l'ordre public, eu égard à son comportement délictuel répété. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que la décision attaquée, qui est suffisamment motivée, a été prise à l'issue d'un examen sérieux de la situation personnelle du requérant.
5. En deuxième lieu, M. B s'étant maintenu sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai en exécution de l'arrêté précité du préfet de Police de Paris édicté le 9 août 2024, le préfet du Puy-de-Dôme pouvait, en vertu des dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prolonger la durée de l'interdiction de retour dont il fait l'objet.
6. En troisième lieu, M. B réside en France, en situation irrégulière, depuis avril 2023. Il a été interpellé, dès le 12 avril 2023, par les services de police de la Côte-d'Or et a fait l'objet, à cette date, d'une première obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour de deux ans et a été assigné à résidence. Il a également fait l'objet, le 22 mars 2024, d'une mesure de prolongation de l'interdiction de retour édictée le 12 avril 2023, prise par le préfet du Puy-de-Dôme, puis, dernièrement, d'une mesure d'éloignement sans délai prise par le préfet de Police de Paris le 9 août 2024. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence et recel de bien provenant d'un vol, commis le 12 avril 2023 soit deux jours après son entrée sur le territoire français, vol simple commis le 21 mars 2024 et vol à l'étalage commis le 8 août 2024. La décision attaquée du 29 octobre 2024 lui a été notifiée à l'issue de sa garde à vue pour des faits de tentative de vol avec destruction ou dégradation et recel, faits pour lesquels il est convoqué devant le tribunal correctionnel en janvier 2026. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, et alors que la présence en France de l'intéressé est bien constitutive d'une menace pour l'ordre public, le préfet du Puy-de-Dôme a pu édicter la mesure contestée de prolongation de l'interdiction de retour d'une durée de deux ans, portant la durée totale de la mesure à quatre années, cette mesure ne présentant pas de caractère disproportionné.
7. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 04 novembre 2024.
La magistrate désignée,
A. A
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
N°2410889
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026