mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410942 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2024, M. B C, représentée par Me Robin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 16 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui fixer un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour, a également refusé d'enregistrer sa demande et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; elle ne peut faire enregistrer sa demande de titre de séjour, alors que le traitement de sa demande au fond va prendre un délai compris entre 18 mois et deux ans ; dans ces conditions, Il ne peut travailler sur le territoire français et subvenir à ses besoins, de sorte qu'il se trouve dépendant des revenus de sa partenaire avec laquelle il est lié par un pacte civil de solidarité ;
- les refus qui lui sont opposés constituent des décisions administratives susceptibles de recours contentieux ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige les moyens suivants :
* les refus sont entachés d'un défaut de motivation et d'examen réel et sérieux de sa situation ;
* le dossier qu'il a présenté étant complet, au regard des dispositions des articles L. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il aurait dû se voir fixer un rendez-vous aux fins d'enregistrement de sa demande ;
* c'est à tort que la préfète a estimé qu'il ne présentait pas d'éléments nouveaux depuis l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet, alors qu'il a depuis conclu un pacte civil de solidarité avec une compagne vivant en situation régulière en France ;
* la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 2 août 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le n° 2410179 par laquelle M. C demande l'annulation des décisions du 16 avril 2024 en litige.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de l'instruction que, le 15 janvier 2024, M. C a déposé, sur le site " Démarches simplifiées " une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour. Le 16 avril 2024, il lui a été indiqué qu'aucun rendez-vous ne lui serait proposé, dans la mesure où il était apparu qu'il avait fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français et qu'il n'avait porté à la connaissance de l'administration aucune circonstance nouvelle. M. C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision de la préfète du Rhône refusant de lui fixer un rendez-vous, et, dès lors, d'enregistrer sa demande de titre de séjour puis, le cas échant, de lui délivrer un récépissé.
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour établir que la condition d'urgence est remplie, le requérant soutient que le refus qui lui est opposé le maintient dans une situation de précarité professionnelle et par suite financière, sa compagne pouvant seule subvenir aux besoins de leur foyer, alors qu'ils ont trois enfants et que sa compagne est par ailleurs mère d'un autre enfant issu d'une relation précédente. Toutefois, l'intéressé n'apporte pas d'éléments suffisamment précis sur la situation financière actuelle de sa famille, alors qu'il ressort des pièces du dossier que sa compagne perçoit des prestations sociales et qu'elle a travaillé au cours des dernières années. Ensuite, le requérant ne justifie pas disposer effectivement d'une promesse d'embauche ou, de façon générale, de perspectives d'insertion professionnelle, alors en tout état de cause que, sollicitant une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il n'entre pas dans les cas énumérés à l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lesquels le titulaire du récépissé de demande de première délivrance de titre de séjour est autorisé à exercer une activité professionnelle, de sorte qu'une suspension de l'exécution des décisions en litige serait sans effet immédiat sur sa situation professionnelle. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas, comme il lui incombe de le faire, que les décisions en litige portent une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle. Par suite, la condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, que les conclusions de la requête présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C
Copie sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 19 novembre 2024.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026