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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411007

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411007

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411007
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 5 et 26 novembre 2024 et le 28 décembre 2024, Mme B C demande au juge des référés du tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui communiquer ses bulletins de salaire détaillés sur la période de janvier à août 2024 avec mention d'une rémunération en demi-traitement pour les mois de mai à août 2024 et une attestation employeur destinée à France Travail ne faisant aucune mention d'un abandon de poste.

Elle soutient que :

- le 27 août 2024, elle a démissionné du poste qu'elle occupait au sein de la mairie de Saint-Genest-de-Beauzon en temps partiel et reste depuis lors dans l'attente de documents nécessaires à l'obtention de ses indemnités journalières régulières, de ses compléments de prévoyance et de l'aide au retour à l'emploi ; elle n'a eu transmission de son bulletin de paye d'août 2024 et de l'attestation employeur que postérieurement à l'introduction de sa requête ; les bulletins de paye en sa possession ne sont pas détaillés et comportent des erreurs, notamment les bulletins de paye de mai à août 2024 indiquent un solde négatif et comportent des mentions de services non faits alors qu'elle aurait dû percevoir un demi-traitement sur cette période ; l'attestation employeur qui lui a été transmise indique au paragraphe 5 la démission comme motif de rupture du contrat mais mentionne de manière contradictoire un motif différent au paragraphe 4 à savoir l'abandon de poste ;

- elle se trouve dans une situation d'urgence dès lors qu'elle n'a perçu aucune rémunération de la part de la commune de Saint-Genest-de-Beauzon sur la période de mai à août 2024 et que la commune de Beaulieu qui l'emploie en temps partiel n'a pu augmenter son temps de travail que de trois heures par semaine ; elle ne dispose d'aucune autre ressource que le traitement de 558 euros mensuel que lui verse la mairie de Beaulieu ; elle a été contrainte de vendre son véhicule pour éviter de s'endetter et elle est suivie par un psychologue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2024, la commune de Saint-Genest-de-Beauzon, représentée par Me Gay, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requérante est en possession de l'ensemble des documents dont elle a demandé la communication ; si elle en conteste la teneur, ce litige ne relève pas de la compétence du juge des référés ;

- en tout état de cause, Mme C ne justifie pas de son droit au maintien d'un demi-traitement à compter de mi-mai 2024, dès lors que, considérée comme apte à la reprise de ses fonctions à compter de cette date faute de transmission d'un arrêt de travail valable, elle n'a ni obtenu son accord s'agissant de la répartition de la quotité travaillée entre les différents emplois qu'elle occupait ni présenté d'élément attestant de son impossibilité à réintégrer son poste au sein de la mairie de Saint-Genest-de-Beauzon.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, adjoint administratif territorial principal de 1ère classe, exerçait ses fonctions en temps partiels au sein des mairies de Saint-Genest-de-Beauzon et de Beaulieu. Elle a été placée en arrêt de travail à compter du 22 décembre 2023. En janvier 2024, elle a adressé une déclaration d'accident de travail à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ardèche. Par une décision en date du 16 avril 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ardèche a refusé de reconnaitre le caractère professionnel de l'accident déclaré. Mme C a par la suite adressé à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon une prolongation d'arrêt de travail daté du 14 mai 2024 lui prescrivant un temps partiel pour raison médicale avec une reprise de ses activités professionnelles uniquement au sein de la mairie de Beaulieu. Par un courrier en date du 12 juillet 2024, la maire de Saint-Genest-de-Beauzon a mis en demeure Mme C de reprendre son poste au plus tard le 2 août 2024. Le 27 août 2024, Mme C a présenté sa démission du poste qu'elle occupait au sein de la commune de Saint-Genest-de-Beauzon. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon de lui communiquer ses bulletins de paye détaillés sur la période de janvier à août 2024 avec mention d'un demi-traitement pour les mois de mai à août 2024 et une attestation employeur ne faisant aucune mention d'un abandon de poste.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. En premier lieu, dès lors qu'il résulte de l'instruction que Mme C détenait déjà avant l'introduction de la requête ses bulletins de paye de janvier à juillet 2024, sa demande tendant à ce que la commune de Saint-Genest-de-Beauzon lui communique lesdits bulletins de paye apparait dépourvue de toute utilité.

5. En deuxième lieu, la commune de Saint-Genest-de-Beauzon ayant transmis en cours d'instance le bulletin de paye d'août 2024 et l'attestation employeur demandés par la requérante, la demande tendant à leur communication a perdu son objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

6. En dernier lieu, si Mme C demande au juge des référés d'enjoindre à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon de modifier ses bulletins de salaire de janvier à août 2024 et l'attestation employeur, une telle demande, qui tend en réalité non à la communication de documents existants mais à leur modification, et par suite d'ailleurs nécessairement au versement des sommes qu'elle estime dues, excède les pouvoirs du juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires et conservatoires. Au surplus, alors que la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ardèche a refusé de reconnaitre le caractère professionnel de l'accident étant à l'origine des arrêts de travail de la requérante, la commune de Saint-Genest-de-Beauzon conteste avoir donné son accord sur la répartition de la quotité travaillée entre les différents emplois occupés par l'intéressée et fait valoir qu'elle n'a reçu aucun élément justifiant l'impossibilité pour Mme C de réintégrer son poste au sein de la collectivité à compter du 14 mai 2024, son absence ayant dès lors pu être considérée comme une rupture du lien avec le service. Or, en l'état du dossier, Mme C n'établit pas avoir adressé une demande d'autorisation de servir à temps partiel à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon en complément du certificat médical daté du 14 mai 2024, ni avoir justifié d'une quelconque autre manière ses absences à compter de cette date, Ainsi, sa demande tendant à ce que la commune de Saint-Genest-de-Beauzon lui communique des bulletins de paye établissant qu'elle était placée en demi-traitement de mai à août 2024 ainsi qu'une attestation employeur ne faisant aucune mention d'un abandon de poste se heurte en tout état de cause. à une contestation sérieuse.

7. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de Mme C doit être rejeté.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la communication du bulletin de paye d'août 2024 et de l'attestation employeur destinée à France Travail.

Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à la commune de Saint-Genest-de-Beauzon.

Fait à Lyon, le 16 janvier 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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