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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411080

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411080

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411080
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMESSAOUDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2024, Mme B C, représentée par Me Messaoudi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 18 octobre 2024 par lequel le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Villeurbanne l'a suspendue de ses fonctions à compter du 21 octobre 2024 ;

2°) d'enjoindre au président du CCAS de Villeurbanne de la réintégrer dans ses fonctions à compter du 21 octobre 2024 et de procéder à la reconstitution de sa carrière ;

3°) de mettre à la charge du CCAS de Villeurbanne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; la décision préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, en portant atteinte à sa réputation et en altérant son état de santé, ainsi que le démontre le fait qu'elle est placée en arrêt maladie depuis août 2024 ; cette décision la prive de primes, d'un jour de RTT par mois, et elle subit une baisse de rémunération du fait de son placement en arrêt maladie ; elle est ainsi placée dans une situation financière difficile, alors qu'elle est mère célibataire de deux enfants ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige les moyens suivants :

* la première mesure de suspension prise à son encontre ayant cessé de produire ses effets le 18 octobre 2024, l'administration ne pouvait plus prendre une nouvelle mesure de suspension prenant effet à compter du 21 octobre 2024, ainsi que le prévoient les dispositions des articles L. 531-1 et L. 531-2 du code général de la fonction publique ;

* les faits qui lui sont reprochés, non établis, ne présentent pas un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 novembre 2024 sous le n° 2411079 par laquelle Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2024 en litige.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Mme C demande au juge des référés de suspendre l'arrêté du 18 octobre 2024 par lequel le président du CCAS de Villeurbanne, se fondant sur les dispositions des articles L. 531-1 et suivants du code général de la fonction publique, l'a suspendue de ses fonctions à compter du 21 octobre 2024

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour établir que la condition d'urgence est remplie, la requérante soutient d'abord qu'elle sera placée dans une situation financière difficile. Toutefois, l'intéressée conserve pendant la période de suspension l'intégralité de son traitement, de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement, comme le prévoient les dispositions de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique. Si elle fait valoir qu'elle ne perçoit plus de primes et perd un jour de RTT par mois, elle n'établit pas que cette perte de rémunération, qu'elle ne chiffre d'ailleurs pas précisément, la mettrait en elle-même dans une situation précaire. Enfin, si elle fait état de ce qu'elle est placée en demi-traitement depuis août 2024, elle ne justifie pas que s=cet arrêt maladie, d'ailleurs antérieur à la décision en litige, constituerait une conséquence directe et nécessaire de la mesure de suspension en litige, même si elle faisait déjà l'objet d'une première mesure de suspension en août 2024. Enfin, l'atteinte à sa réputation et les troubles psychologiques dont Mme C indique souffrir, sans d'ailleurs justifier de leur importance, ne peuvent en l'espèce être constitutifs d'une situation d'urgence. Par suite, et faute pour la requérante d'établir que l'arrêté du 18 octobre 2024 préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation, la condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, que les conclusions de la requête présentées par Mme C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Copie sera adressée au CCAS de Villeurbanne.

Fait à Lyon, le 22 novembre 2024.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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