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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411359

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411359

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411359
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP COUDERC ZOUINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 5 et 6 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Zouine, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'arrêté du 12 janvier 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et dans l'attente de lui délivrer sous quinze jours une autorisation provisoire de séjour, renouvelable, l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'État, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle n'a jamais reçu d'avis de passage l'informant de la mise à disposition de l'arrêté ; la préfecture n'apporte pas la preuve de la notification de la décision en litige ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle peut se prévaloir de la présomption d'urgence puisque la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour la fait basculer d'un séjour régulier à un séjour irrégulier ; elle fait en outre obstacle à la poursuite de sa scolarité en apprentissage, l'irrégularité de sa situation l'empêchant de conclure un contrat de travail ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige dès lors que :

* la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée, elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, elle méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

* la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

* la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

* la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- à titre principale, la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;

- à titre subsidiaire, la requête n'est pas fondée dès lors que la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie et qu'il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 14 novembre 2024 sous le n° 2411358 par laquelle la requérante demande l'annulation de l'arrêté en litige.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Zouine, représentant Mme A qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Il insiste sur la recevabilité de la requête au fond en indiquant que si l'adresse de notification n'est pas contestée, les pièces produites par le préfet ne suffisent pas à établir que l'avis de passage a été délivré, que l'enveloppe retournée à la préfecture mentionne d'ailleurs qu'il n'y avait pas de nom sur la boite aux lettres et que les mentions figurant sur le site de suivi postal sont contradictoires.

La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibérée, présentée pour Mme A, a été enregistrée le 6 décembre 2024 à 10h26, postérieurement à la clôture de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 12 janvier 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". La demande de suspension de l'exécution d'une décision non attaquée dans les délais ne peut être accueillie.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige, daté du 12 janvier 2024 a été notifié le 18 janvier 2024 sous pli recommandé à l'adresse indiquée par la requérante aux services de la préfecture. Il a été retourné en préfecture après sa mise en instance au bureau de poste de Lyon Valmy comme l'attestent l'accusé de réception indiquant " pli présenté - avisé le 18 janvier 2024 " ainsi que l'enveloppe de retour en préfecture portant la mention " pli avisé et non réclamé ". Ces mentions sont par ailleurs corroborées par les mentions du site internet de suivi postal qui ne sont pas contradictoires. Contrairement à ce que soutient Mme A, les mentions portées sur l'enveloppe du pli, indiquant l'absence sur la porte et sur l'interphone n'impliquent pas que l'avis de passage n'a pu être remis dans la boite aux lettres. Dans ces conditions, la requête en annulation de la décision contestée qui a été enregistrée sous le numéro 2411358, le 14 novembre 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux qui a commencé à courir à compter de la date du 18 janvier 2024, et alors que la demande d'aide juridictionnelle présentée par la requérante n'a été déposée que le 2 août 2024, est donc tardive. Par voie de conséquence, la présente requête, introduite sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas fondée.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentée Mme A doivent être rejetées ainsi que ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

C. Rizzato

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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