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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411410

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411410

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 septembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé son expulsion du territoire français et fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il existe une situation d'urgence à suspendre l'exécution de la décision prononçant son expulsion dès lors que :

* l'urgence à suspendre une décision prononçant l'expulsion d'un ressortissant étranger est présumée ;

* la décision a des conséquences néfastes sur sa réinsertion alors qu'il remplit toutes les conditions pour obtenir un aménagement de sa peine ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige dès lors que :

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière du fait de la composition irrégulière de la commission d'expulsion, de l'absence de procès-verbal enregistrant ses explications, de l'absence d'observations du directeur départemental chargé de la cohésion sociale ou de son représentant, de la motivation insuffisance de l'avis de la commission d'expulsion ;

* elle est entachée d'une erreur d'appréciation des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il ne représente pas une menace grave pour l'ordre public à la date de la décision dès lors que la date de sa fin de peine est fixée au 18 avril 2027, que les faits qui lui sont reprochés sont anciens, qu'il n'a fait l'objet d'aucune mise en cause pénale ultérieure ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

* la décision prononçant son expulsion du territoire français est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 26 novembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 novembre 2024 sous le n° 2411407 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Rizzato ;

- les observations de Me Lantheaume, représentant M. B qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens qu'il développe oralement.

- les observations de M. A, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la présomption est renversée par le fait que M. B n'est libérable qu'en 2027, et qu'il n'y n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant guinéen né le 20 juin 1986, demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a prononcé son expulsion du territoire français et fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par M. B à l'encontre de l'arrêté attaqué n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, que les conclusions de la requête présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 4 décembre 2024.

La juge des référés,

C. Rizzato

La greffière,

L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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