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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411625

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411625

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411625
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBONNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, Mme A E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement européen du 26 juin 2013.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que sa décision n'est entachée d'aucune illégalité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 3 décembre 2024, Mme C a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Bonnet, avocat de Mme E, qui a repris les conclusions et le moyen de la requête,

- et les observations de Mme E, assistée de Mme B, interprète en langue bambara par téléphone.

La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée à l'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante malienne née le 4 janvier 2001, est entrée irrégulièrement en France le 23 avril 2024 afin de demander l'asile. L'exploitation de ses empreintes a révélé qu'elle a été identifiée le 17 février 2024 en Espagne, à la suite du franchissement irrégulier d'une frontière. Saisies le 21 mai 2024 sur le fondement du règlement européen susvisé du 26 juin 2013, les autorités espagnoles ont implicitement accepté la réadmission de l'intéressée. Par la décision attaquée du 20 novembre 2024, la préfète du Rhône a ordonné la remise de Mme E aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

2. Aux termes du premier paragraphe de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ".

3. Mme E a un fils à ses côtés, prénommé D Fousseny, né à Bamako le 10 octobre 2019. Si ce dernier est scolarisé en France et bénéficie, tout comme Mme E, d'une prise en charge pluridisciplinaire des nombreux traumatismes subis durant leur parcours de fuite du Mali jusqu'en Espagne, il n'est pas établi que cette prise en charge ne pourrait pas avoir lieu dans des conditions satisfaisantes en Espagne, pays dans lequel le jeune D peut, en outre, être scolarisé. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées de l'article 17 du règlement européen du 26 juin 2013, la préfète du Rhône aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 novembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024

La magistrate désignée,

A. C

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

N°2411625

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