mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Deme, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'arrêté du 13 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre la somme de 1 600 euros à la charge de l'État, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle peut se prévaloir de la présomption d'urgence applicable aux refus de renouvellement de titre de séjour ; elle justifie d'une vie privée et familiale en France, elle risque d'être privée de ses revenus du fait de la suspension de son contrat de travail ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité du refus de titre de séjour en litige dès lors que :
* la décision est insuffisamment motivée ;
* la préfète de l'Allier a méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant liée par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; elle n'a pas exercé son pouvoir discrétionnaire ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, et méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête n'est pas fondée dès lors qu'il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de la décision.
Par une lettre du 9 décembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence territoriale de la préfète de l'Allier, dès lors que, à la date d'intervention de l'arrêté attaqué, la requérante résidait dans le département du Rhône.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le n° 2410183 par laquelle la requérante demande l'annulation de l'arrêté du 13 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Ndoye substituant Me Deme, représentant Mme B qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Elle soutient en outre que l'arrêté est entaché d'incompétence dès lors que la préfète de l'Allier n'était pas territorialement compétente pour édicter la décision en litige. Elle indique également que n'ayant pas réussi à obtenir un rendez-vous après de la préfecture du Rhône, elle a déposé une demande auprès de la préfecture de l'Allier mais confirme qu'elle réside dans le Rhône et n'a jamais résidé dans l'Allier.
La préfète de l'Allier n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née le 2 mai 1992, a sollicité le 13 septembre 2023 le renouvellement du titre de séjour dont elle bénéficiait en raison de son état de santé. Par un arrêté du 13 septembre 2024, la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. La requérante a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cet arrêté et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions relatives à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi visée ci-dessus du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de la requérante à l'aide juridictionnelle, sans préjuger de la décision finale qui sera prise par le bureau d'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision en litige :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. En l'espèce, Mme B séjournait régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour qui expirait le 3 novembre 2023 dont elle a demandé le renouvellement. Alors qu'elle se retrouve placée en situation irrégulière depuis le rejet de sa demande, elle bénéficie d'une présomption d'urgence. La préfète de l'Allier n'apporte aucune contestation sur ce point. Par suite, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux :
6. Aux termes des dispositions de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police ".
7. Le moyen tiré de l'incompétence territoriale de la préfète de l'Allier pour statuer sur la demande de Mme B est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
8. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision attaquée jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de transmettre le dossier de Mme B à l'autorité administrative dans le ressort duquel l'intéressée réside afin que le préfet territorialement compétent procède à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, et lui délivre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais de l'instance :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme B sur le fondement des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision de la préfète de l'Allier du 13 septembre 2024 refusant de délivrer un titre de séjour à Mme B est suspendue jusqu'au jugement de la requête au fond.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de l'Allier de transmettre le dossier de Mme B au préfet territorialement compétent pour qu'il procède au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, et lui délivre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et à la préfète de l'Allier.
Fait à Lyon le 10 décembre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026