mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | DEBBACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Debbache, demande au tribunal d'annuler la décision du 19 novembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée d'un an, ainsi que l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il démontre une volonté d'insertion en France ;
- son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné M. Richard-Rendolet en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 modifié entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet ;
- les observations de Me Debbache, avocate, pour M. A, qui soutient en outre que l'interdiction de retour sur le territoire français porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant, et indique se désister de ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2024 portant assignation à résidence ;
- et les observations de M. A, requérant.
La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant tunisien né le 19 février 2001, M. A demande l'annulation de la décision du 19 novembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée d'un an, ainsi que de l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours.
Sur l'étendue du litige :
2. Le requérant ayant indiqué à l'audience se désister de ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 19 novembre 2024 portant assignation à résidence, il ne reste en litige que ses conclusions dirigées contre la décision du 19 novembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / (.) ".
4. Pour soutenir que la décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, M. A fait valoir sa résidence en France depuis 2016, ses liens personnels et familiaux ainsi qu'une relation amoureuse entretenue sur le territoire avec une ressortissante française, sa scolarisation en France et la présence de son frère et de ses neveux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de la Haute-Vienne le 29 janvier 2021 qu'il n'a pas exécutée, qu'il s'est maintenu sans titre sur le territoire, qu'il ne démontre disposer d'aucun revenu stable, et que sa relation amoureuse avec une ressortissante française, avec laquelle il n'entretient pas de vie commune, a un caractère récent. Dans ces conditions, c'est sans porter une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la préfète du Rhône a pu édicter à son encontre l'obligation de quitter le territoire français contestée.
5. Si M. A expose, sans autre précision, avoir fait preuve d'intégration en France, il n'assortit pas son moyen des précisions permettant d'en examiner le bien-fondé. Par suite, le moyen doit nécessairement être écarté.
6. Si M. A expose que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que la préfète du Rhône se soit fondée sur ce motif pour édicter à l'encontre de l'intéressé l'obligation de quitter le territoire français contestée. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
7. M. A expose que l'interdiction de retour d'une durée d'un an qui lui est faite porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, du fait de la présence en France de membres de sa famille, d'une ressortissante française avec laquelle il entretient une relation amoureuse depuis " environ un an " et de son souhait de s'intégrer par le travail en France. Toutefois, il est constant que l'intéressé s'est, en toute connaissance de cause, maintenu en situation irrégulière sur le territoire national alors qu'il avait fait l'objet d'un refus de titre de séjour par le préfet de la Haute-Vienne notifiée le 30 avril 2021 et qu'il s'est soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui lui avait été notifiée le même jour. En outre, sa relation amoureuse avec une ressortissante française, dont il indique vivre séparé et avec laquelle il n'a pas d'enfants, a un caractère très récent, et M. A n'expose pas qu'il lui serait impossible, une fois qu'il aura exécuté l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, de solliciter en Tunisie un visa pour entrer et séjourner régulièrement en France. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la préfète du Rhône a pu édicter à l'encontre de M. A une interdiction de retour dont la durée d'un an ne présente pas en l'espèce un caractère disproportionné.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A dirigées contre la décision du 19 novembre 2024 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée d'un an doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
F-X. Richard-RendoletLa greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026