mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VIEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2024, et un mémoire en réplique enregistré le 9 décembre 2024, Mme A B, représentée par la SELARLU João Viegas (AARPI 1948 Avocats), demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 octobre 2024 refusant de faire droit à sa demande de maintien en activité ;
2°) d'enjoindre à la ministre du travail et de l'emploi de faire droit à sa demande de maintien en activité jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur son recours en annulation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts ; la décision a pour effet d'interrompre définitivement sa scolarité au sein de l'institut national du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (INTEFP) ainsi que sa période de stage, avant d'avoir été titularisée en qualité d'inspectrice du travail ; la décision la prive d'emploi et d'un revenu d'activité, et entraine sa radiation des cadres à une date où elle n'aura pas suffisamment cotisé pour bénéficier d'une pension minimale de retraite en qualité de fonctionnaire ; la décision la place ainsi, dans l'immédiat, dans une situation de grande précarité ; compte tenu de son âge, elle ne pourra pas bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi de sorte qu'elle se trouvera privée de tout revenu à compter de janvier 2025, ne pouvant espérer bénéficier de ses droits à pension, par ailleurs très modestes, qu'après les mois nécessaires pour en obtenir la liquidation ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* la décision est insuffisamment motivée ;
* les dispositions du décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 imposant un délai pour la demande de maintien en activité ne lui sont pas opposables, dès lors qu'elles concernent les fonctionnaires appartenant à des corps dont la limite d'âge est inférieure à 67 ans, ce qui n'est pas son cas ; le motif tiré de l'envoi tardif de la demande de maintien en activité ne saurait, à lui seul, justifier le refus d'autorisation ; ce retard résulte de difficultés tenant à ses démarches infructueuses pour obtenir un certificat du médecin du travail et à des difficultés d'ordre personnel et familial ;
* l'intérêt du service invoqué est inexistant ; 183 postes vacants sont aujourd'hui réservés pour les élèves-inspecteurs, or la promotion 2024 compte 179 élèves-inspecteurs ; aucune pièce ne vient étayer l'argumentation du ministre sur les restrictions budgétaires planifiées ; il n'est pas non plus démontré de politique visant à privilégier le recrutement de jeunes fonctionnaires ; au contraire, il serait plus opportun qu'elle puisse travailler et que ses frais de formation n'aient pas été avancés en vain ;
* la décision est entachée d'une erreur de droit, le maintien en activité étant a priori justifié, sauf trouble dans l'exécution du service, pour les fonctionnaires n'ayant pas la durée de service nécessaire pour obtenir le pourcentage maximum de pension ; la circonstance qu'elle ne pourrait respecter son engagement de tenir cinq ans est sans incidence ;
* la décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2024, la ministre du travail et de l'emploi conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; la requérante s'est inscrite au concours de l'INTEFP sans ignorer qu'elle aurait atteint la limite d'âge avant la fin de la période probatoire préalable à sa titularisation ; dès lors qu'elle n'avait pas de droit acquis à une prolongation d'activité, c'est ce choix qui est à l'origine de l'impossibilité dans laquelle elle se trouve de pouvoir être titularisée, de sorte qu'elle ne peut caractériser une situation d'urgence ; le caractère modique de son droit à pension est sans lien avec la décision en litige ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige ; notamment, l'investissement financier que constitue pour l'Etat la formation d'un inspecteur du travail qui ne trouverait pas les concrétisations attendues, la requérante ne pouvant espérer travailler que quelques mois après la fin de sa formation.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 26 novembre 2024 sous le n° 2411729 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 3 octobre 2024.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lecas, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Viegas, pour la requérante, qui a repris ses conclusions et moyens ;
- Mme B, requérante.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Aux termes de l'article L. 556-5 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire dont la durée des services liquidables est inférieure à celle définie à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite peut, sur sa demande, lorsqu'il atteint la limite d'âge qui lui est applicable dans le corps ou le cadre d'emplois auquel il appartient, bénéficier d'une prolongation d'activité, sous réserve de l'intérêt du service et de son aptitude physique./ Cette prolongation ne peut avoir pour effet de maintenir le fonctionnaire concerné en activité au-delà de la durée des services liquidables définie à l'article L. 13 du code précité ni au-delà d'une durée de dix trimestres. Elle est prise en compte au titre de la constitution et de la liquidation du droit à pension. " Ces dernières dispositions confèrent à l'autorité compétente un large pouvoir d'appréciation de l'intérêt, pour le service, d'autoriser un fonctionnaire atteignant la limite d'âge à être maintenu en activité.
3. Si, en l'état de l'instruction, le motif tiré de ce que Mme B n'a pas respecté le délai de six mois avant la survenance de la limite d'âge fixé par les dispositions du décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 apparaît entaché d'illégalité, les dispositions de ce décret étant applicables aux seules demandes présentées par les fonctionnaires appartenant à un cadre d'emploi pour lequel la limite d'âge est inférieure à soixante-sept ans, les moyens soulevés par la requérante, compte tenu du second motif opposé par la ministre du travail et de l'emploi, et précisé dans son mémoire en défense, n'apparaissent pas propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la ministre du travail et de l'emploi.
Fait à Lyon, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
S. LecasLa République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026