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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411774

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411774

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411774
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantDEBBACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2024, M. A B C, représenté par Me Debbache, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours et lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine à la direction zonale de la police aux frontières, ainsi que de la décision du même jour par laquelle la même autorité a prononcé à son encontre une interdiction de retour complémentaire de 12 mois.

Il soutient que la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné M. Richard-Rendolet en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard-Rendolet ;

- et les observations de Me Debbache, avocate, pour M. B C, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant marocain né le 8 janvier 2001, M. B C demande l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours et lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine à la direction zonale de la police aux frontières, ainsi que de la décision du même jour par laquelle la même autorité a prononcé à son encontre une interdiction de retour complémentaire de 12 mois.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / (.) ".

3. Dans sa requête introductive d'instance, M. B C se borne à exposer qu'il s'oppose à l'interdiction de quitter le territoire français dont il a précédemment fait l'objet, qu'il est suivi dans un hôpital pour une maladie chronique et qu'il souhaite faire des démarches pour régulariser sa situation administrative. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B C, célibataire sans enfant, a été placé en garde à vue le 22 novembre 2024 pour des faits de recel de vol, qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol en réunion, recel de biens et violence avec usage ou menace d'un arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours, et qu'il n'a pas exécuté les obligations de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 27 février 2021, le 18 avril 2022 et 12 mai 2023. Dans ces conditions, c'est sans porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale que la préfète du Rhône a pu prendre à son encontre une décision d'interdiction de retour complémentaire d'une durée de 12 mois.

4. En se bornant à soutenir, sur la base des mêmes allégations que celles développées au point 3 du présent jugement, que l'assignation à résidence porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. B C n'assortit pas son moyen permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit nécessairement être rejeté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B C dirigées contre la décision et l'arrêté du 23 novembre 2024 doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

F-X. Richard-RendoletLa greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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