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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2412076

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2412076

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2412076
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCOMBE KAES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, Mme A B, représentée par demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle la préfète de l'Ain lui a demandé de restituer sa carte professionnelle d'éducateur sportif, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports de lui délivrer une carte professionnelle dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; la décision la place dans une situation d'extrême précarité ; elle ne peut plus bénéficier des revenus qu'elle tire de son activité d'éducateur sportif, et a désormais pour seules ressources le revenu de solidarité active, alors qu'elle exploite un centre équestre ; elle ne peut faire face à ses charges, qui comprennent un loyer de 220 euros par mois après déduction des aides au logement, des dépenses mensuelles d'entretien et nourriture des animaux s'élevant à environ 480 euros par mois, les mensualités d'un crédit à la consommation, d'un montant de 187,55 euros, ses dépenses courantes de nourriture, ainsi que les frais de vétérinaire ou de ferrage des chevaux ; elle craint également de devoir perdre ses chevaux, ce qui la place dans une situation psychologique difficile ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige les moyens suivants :

* la décision ne mentionne pas la qualité du signataire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

* il n'est pas justifié que la décision a été signée par une autorité compétente et disposant d'une délégation de signature ;

* elle souhaite pouvoir continuer d'exercer sa profession, malgré la condamnation pénale dont elle a fait l'objet, et a présenté une demande tendant à l'effacement de la mention de cette condamnation de son casier judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 4 décembre 2024 sous le n° 2412075 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 12 septembre 2024 litigieuse.

Vu :

- le code du sport ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 212-1 du code du sport : " I.- Seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants, à titre d'occupation principale ou secondaire, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, (), les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification : 1° Garantissant la compétence de son titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée ; / 2° Et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles () ". Aux termes de l'article L. 212-9 de ce code : " I. Nul ne peut exercer les fonctions mentionnées au premier alinéa de l'article L. 212-1 à titre rémunéré ou bénévole, () s'il a fait l'objet d'une condamnation pour crime ou pour l'un des délits prévus : 1° Au chapitre Ier du titre II du livre II du code pénal, à l'exception du premier alinéa de l'article 221-6 ; () 3° Aux chapitres III, IV, V et VII dudit titre II ; () I bis - Le contrôle annuel des incapacités mentionnées au I du présent article est assuré par la délivrance du bulletin no 2 du casier judiciaire dans les conditions prévues à l'article 776 du code de procédure pénale et par l'accès aux informations contenues dans le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes dans les conditions prévues à l'article 706-53-7 du même code./ ()/ Les personnes faisant l'objet d'une incapacité d'exercice peuvent demander à en être relevées dans les conditions prévues à l'article 132-21 du code pénal ainsi qu'aux articles 702-1 et 703 du code de procédure pénale. Cette requête est portée devant la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel dans le ressort de laquelle le requérant réside lorsque la condamnation résulte d'une condamnation étrangère et qu'il a été fait application du deuxième alinéa du présent I bis. "

3. Mme B était titulaire de la carte professionnelle d'éducateur sportif en activités équestres. Elle a été condamnée, par jugement du 17 octobre 2023 du tribunal judiciaire de Grasse, à une peine de deux ans d'emprisonnement avec sursis pour des faits de non-assistance à personne en danger commis en 2015. Par décision du 12 septembre 2024, tirant les conséquences de cette condamnation, la préfète de l'Ain a demandé à l'intéressée de restituer la carte professionnelle qui lui avait été délivrée. Mme B, qui fait état de démarches entreprises auprès du juge judiciaire pour obtenir l'effacement de la mention de cette condamnation de son casier judiciaire, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.

4. En l'état de l'instruction, et à la date de la présente ordonnance, aucun des moyens de la requête de Mme B, précédemment analysés, n'est manifestement de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Ain.

Fait à Lyon, le 12 décembre 2024.

Le juge des référés,

T. Besse

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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