mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2412125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, des pièces enregistrées le 23 décembre 2024 et un mémoire complémentaire, enregistré le 12 janvier 2025, Mme B A, représentée par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 13 juin 2024 par lesquelles la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes, à verser au requérant au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce que concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait les stipulations des articles 20 et 21 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, sa fille étant ressortissante de l'Union européenne ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que celles de l'article 4 de la convention européenne sur les relations personnelles concernant les enfants du 15 mai 2003 ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2024, la préfète de l'Ain conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- l'enfant de la requérante ne réside pas en France de façon stable et durable, ce motif pouvant être substitué aux motifs initiaux du refus de séjour attaqué.
Par une décision du 10 janvier 2025, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention sur les relations personnelles concernant les enfants en date du 15 mai 2003 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clément, président,
- et les observations de Me Zouine représentant Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante iranienne née le 21 mars 1979, est entrée régulièrement en France le 10 janvier 2024 sous couvert d'un visa court séjour portant la mention " vie privée et familiale - famille de français " valable du 28 décembre 2023 au 27 mars 2024. Le 30 janvier 2024, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par les décisions attaquées du 13 juin 2024, la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A a déposé, le 2 juillet 2024, une demande d'aide juridictionnelle en vue de contester les décisions du 13 juin 2024. Sa requête ayant été enregistrée avant l'examen de sa demande par le bureau d'aide juridictionnelle, elle ne peut être tardive. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
3. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Selon l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
4. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme A en sa qualité de mère d'une enfant française, la préfète de l'Ain s'est fondée sur le défaut de justification de la contribution effective du père français de cette enfant à l'entretien et l'éducation de celle-ci. La préfète invoque en défense la possibilité de substituer à ce motif, le motif tiré de l'absence de résidence stable et durable en France de l'enfant.
5. Cependant, il est produit à l'instance des éléments démontrant que le ministère des affaires étrangères recommande à l'ensemble des ressortissants français de ne pas se rendre en Iran indiquant dans un communiqué du 10 janvier 2025 : " L'Iran met en œuvre une politique délibérée de prise d'otages occidentaux et cible des ressortissants français de passage qu'il accuse d'espionnage. Plusieurs ressortissants français sont toujours détenus dans les prisons iraniennes dans des conditions indignes, dont certaines relèvent de la définition en droit international de la torture. / Il est recommandé aux ressortissants français de ne pas se rendre en Iran ; pour ceux qui y seraient déjà de passage, il est recommandé de quitter le territoire iranien immédiatement en raison des risques d'arrestation et de détention arbitraire. ". Par suite, sans que la préfète puisse opposer l'absence de résidence stable et durable en France de l'enfant, la requérante est fondée à soutenir que la préfète de l'Ain a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant française mineure protégée par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en lui refusant le titre de séjour sollicité.
6. Par suite, la requérante est, pour ce motif, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés, fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant un titre de séjour, et, par voie de conséquence, des décisions subséquentes l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
7. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Ain de délivrer à Mme B A un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 juin 2024 de la préfète de l'Ain est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain de délivrer à Mme A un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Duca, première conseillère,
Mme Viallet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le président,
M. Clément
L'assesseure la plus ancienne,
A. Duca
Le greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026