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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2412896

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2412896

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2412896
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantCADOUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Cadoux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 400 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

s'agissant de l'ensemble des décisions :

- les décisions sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- elles sont entachées de défaut d'examen particulier de sa situation ;

s'agissant de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son état de santé justifie les difficultés constatées dans le déroulement de ses études ; elle n'a pas l'intention d'arrêter ses études ; elle est inscrite pour l'année universitaire 2023/2024 et pour l'année universitaire 2024 /2025 ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de renouvellement de titre ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de titre et obligation de quitter le territoire. .

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 novembre 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Clément,

- et les observations de Me Cadoux pour la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante indienne née le 10 octobre 1991, est entrée en France le 14 janvier 2020 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a bénéficié de titre de séjour " étudiant " jusqu'au 7 janvier 2024. Elle a demandé le renouvellement de ce titre le 23 novembre 2023 et par les décisions attaquées, la préfète du Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office.

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme C D, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète du Rhône en date du 15 mai 2024, régulièrement publié le lendemain. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation des décisions, ni des autres pièces du dossier que la préfète du Rhône aurait entaché les décisions en litige d'un défaut d'examen particulier de la situation de la requérante.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 de ce code : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a obtenu pour l'année universitaire 2019/2020 un Master of Business Administration. Elle est ensuite inscrite pour un doctorat pour l'année universitaire 2020/2021. Elle a interrompu ses études pour l'année universitaire 2023/2024 du fait de la naissance d'un enfant et de sa situation médicale. Si la requérante produit une attestation du 17 décembre 2024 postérieure à la décision attaquée justifiant d'une nouvelle inscription en troisième année de thèse pour l'année universitaire 2024/2025, la seule attestation du 21 novembre 2023 du directeur de l'Ecole de commerce de Lyon faisant valoir un état d'avancement de la thèse à hauteur de 60% sans qu'aucune pièce au dossier ne permette d'établir les travaux réalisés depuis l'année universitaire 2020/2021 n'établit pas le sérieux des études poursuivies. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en retenant l'absence de sérieux des études poursuivies la préfète a méconnu les dispositions précitées et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'a pas davantage entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.

6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.

7. En cinquième lieu, Mme A fait valoir que l'interruption de son parcours universitaire porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Pour les motifs exposés au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celui tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

8. En sixième lieu, eu égard à ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire qui lui ont été opposés entachent d'illégalité les décisions prises sur leur fondement et fixant son délai de départ volontaire à trente jours ainsi que son pays de renvoi.

9. Il résulte de tout ce qui précède les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Duca, première conseillère,

Mme Viallet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

Le président,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

A. Duca

Le greffier,

J. Billot

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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