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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2413027

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2413027

lundi 13 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2413027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDEME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Deme, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de sept jours passé la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de décider que l'ordonnance sera exécutoire dès qu'elle aura été rendue en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros TTC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ; son visa valant titre de séjour expire le 5 janvier 2025 et elle risque de perdre son emploi en l'absence de délivrance d'un récépissé ;

- la mesure est utile et doit lui permettre de sauvegarder ses intérêts.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante tunisienne née le 3 octobre 1998, a bénéficié d'un visa valant titre de séjour valable du 6 janvier 2024 au 5 janvier 2025. L'intéressée a sollicité le 7 octobre 2024 une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de renouvellement de son titre de séjour, mais sa demande a été supprimée le 6 décembre 2024, et la requérante a été contrainte de solliciter à nouveau un rendez-vous le 11 décembre 2024. Il est constant qu'elle est toujours en attente de rendez-vous à la date de la présente ordonnance, alors que son titre de séjour a expiré depuis le 5 janvier 2025 et qu'elle est désormais en situation irrégulière sur le territoire français, ce qui porte atteinte à ses droits et risque de lui faire perdre son contrat de travail à durée indéterminée. Par suite, la préfète du Rhône, à qui la requête a été communiquée, ne faisant valoir aucune circonstance susceptible de faire échec à la présomption d'urgence applicable en l'espèce, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie.

4. Eu égard à l'utilité de la mesure demandée, et alors que la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse ni à aucune décision préalable, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous à Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin qu'elle puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à ses conclusions tendant au prononcé d'une astreinte ni à celles tendant à ce que la présente ordonnance soit immédiatement exécutoire en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer à Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Article 2 : L'État versera la somme de 500 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 13 janvier 2025.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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