lundi 13 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2413219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | ROSSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2024, et dans le dernier état de ses conclusions, formulées à l'audience, M. B C, représenté par Me Rossi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités belges, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de procéder sans délai à l'enregistrement de sa demande d'asile, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros par application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
Il soutient qu'il est fondé à se prévaloir de motifs humanitaires justifiant, par application de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, que la France examine sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen n'est susceptible de prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 10 janvier 2025, Mme A a présenté son rapport et entendu les observations de Me Rossi, avocate de M. C, qui a repris les conclusions et le moyen de la requête, et, en outre, a sollicité l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle de son client, présenté des conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et des conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Me Rossi a également soulevé un nouveau moyen à l'audience, tiré de la violation des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
M. C ne s'est pas présenté à l'audience.
La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais de République Démocratique du Congo né le 11 avril 2001, est entré irrégulièrement en France le 10 septembre 2024 pour y solliciter l'asile. L'intéressé étant titulaire d'un visa délivré par les autorités belges, valide du 14 mai 2024 au 14 mai 2025, ces dernières ont été saisies d'une demande de reprise en charge de M. C, sur le fondement des dispositions du 2. de l'article 12 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Un accord explicite de réadmission étant intervenu le 11 octobre 2024, la préfète du Rhône a, par la décision attaquée du 20 décembre 2024, ordonné la remise de M. C aux autorités belges.
2. Tout d'abord, en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. En premier lieu, selon l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement () b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée () c) de l'entretien individuel en vertu de 1'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de 1'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend.
4. M. C soutient que les dispositions précitées ont été méconnues en l'absence d'assurance que les informations qu'elles prévoient lui ont été données dès le dépôt de sa demande d'asile d'une part, et alors qu'il ne ressort pas de l'entretien individuel dont il a bénéficié que le contenu des brochures lui aurait été communiqué.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu remettre, lors du dépôt de sa demande d'asile le 27 septembre 2024 la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " ainsi que la brochure B " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue lingala. Cette remise a eu lieu au cours de l'entretien individuel réalisé le même jour, ainsi que cela ressort de son résumé, produit par la préfète du Rhône. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
6. En second lieu, selon l'article 17 du règlement européen précité du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
7. Pour soutenir que la préfète du Rhône aurait dû faire application de la clause discrétionnaire précitée, M. C se prévaut de l'existence d'une forte communauté congolaise à Lyon et à Saint-Etienne, de son souhait d'intégrer une formation dispensée à la Cité du Design à Saint-Etienne, et de son ambition de devenir dessinateur en bâtiment, qui est un métier en tension en Auvergne-Rhône-Alpes. Toutefois, alors que ces circonstances ne présentent pas, comme il le soutient, un caractère humanitaire, la préfète du Rhône, qui n'en a pas tenu compte, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées par M. C à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent, par conséquent, qu'être également rejetées.
9. Enfin, les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme réclamée sur leur fondement par Me Rossi à son profit.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2025.
La magistrate désignée,
A. A
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui le/la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026