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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2413357

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2413357

vendredi 11 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2413357
TypeOrdonnance
RecoursExécution d'un jugement
PublicationD
Avocat requérantCORNUT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a liquidé définitivement l'astreinte prononcée contre l'État pour le relogement de M. B A, reconnu prioritaire par la commission de médiation. L'administration a exécuté son obligation le 23 avril 2024 par la signature d'un bail pour un logement de type T4, mais après le délai fixé au 15 mars 2024. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, l'astreinte est fixée à 3 900 euros pour la période de retard, somme versée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2304556 du 11 août 2023 et par une ordonnance n°2310241 du 14 février 2024, le tribunal administratif de Lyon a enjoint à la préfète du Rhône d'assurer à M. C B A un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités de type T4 à compter du 15 mars 2024 sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, la préfète du Rhône demande au tribunal de mettre fin à l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat.

Elle soutient que M. B A a été attributaire d'un logement de type T4 pour lequel le bail a été signé le 23 avril 2024.

Cette requête a été communiquée à M. B A qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- l'ordonnance n°2304556 du 11 août 2023 et l'ordonnance n°2310241 du 14 février 2024 du tribunal administratif de Lyon.

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu'il soit ordonné à l'Etat d'exécuter la décision de la commission.

2. Par une décision du 8 novembre 2022, la commission de médiation du Rhône a reconnu M. B A comme prioritaire et devant se voir proposer un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T4. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par une ordonnance du 14 février 2024, a prononcé à l'encontre de l'Etat une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la fin du délai d'exécution à verser au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l'injonction de relogement de M. B A.

3. L'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, le président peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l'astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d'inexécution de l'injonction par le fait de l'administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant de l'astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l'article L. 441-2-3-1.

4. Il résulte de l'instruction que M. B A s'est vu proposer un logement type T4 dont il n'est pas contesté qu'il correspond à ses besoins et capacités et que le bail a été signé le 23 avril 2024. L'Etat doit être regardé comme s'étant acquitté à cette date de son obligation de relogement de M. C B A. Il y a donc lieu de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 14 février 2024. L'exécution de cette ordonnance étant intervenue postérieurement à la date limite qu'elle fixe, l'astreinte qu'elle prononce s'élève, pour la période allant du 15 mars 2024 au 22 avril 2024, à la somme de 3 900 euros. Par suite, il y a lieu, par application des dispositions précitées, de condamner l'Etat à verser la somme de 3 900 euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement au titre de la liquidation définitive de l'astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement la somme de 3 900 euros au titre de la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n°2310241 du 14 février 2024, sous réserve des paiements déjà effectués.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète du Rhône, à M. C B A et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera transmise au ministère public près la Cour des comptes.

Fait à Lyon, le 11 juillet 2025.

La présidente du tribunal,

C. Mariller

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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