mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PRUDHON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 janvier 2025, Mme B C, représentée par Me Prudhon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office et prononcé une interdiction du territoire français de 6 mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône à titre principal de lui délivrer un titre de séjour temporaire ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de la munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
s'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
s'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
s'agissant de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité du refus de titre séjour ;
s'agissant de la décision prononçant une interdiction du territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Clément.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante camerounaise née le 1er avril 1992, est entrée en France le 4 octobre 2022 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a demandé un titre de séjour " étudiant " le 9 septembre 2023 et par les décisions attaquées, la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office et prononcé une interdiction de territoire français de 6 mois.
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme A D, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 11 juillet 2024 de la préfète du Rhône, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, alors que la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressée, la décision contestée précise les éléments déterminants de la situation de Mme C et notamment l'emploi occupé par la requérante. Dès lors, la décision contestée comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier doivent ainsi être écartés.
4. En troisième lieu aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ".
5. Mme C est entrée récemment en France pour suivre des études de nutrition en Master of Science Nutrition Humaine pour l'année universitaire 2022/2023. Elle ne valide pas la première année de cette formation pour défaut de stage et de présentation de travaux de recherche. Elle était inscrite en deuxième année pour l'année universitaire 2023/2024 avec possibilité de valider en cours d'année sa première année ainsi que pour l'année universitaire 2024/2025. Elle n'a pas validé sa première année. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Les circonstances dont Mme C fait état, tirées notamment de difficultés pour trouver un stage ne permettent pas davantage de considérer que le refus en litige résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.
6. En quatrième lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français, la décision fixant le pays à destination duquel elle sera reconduite et la décision prononçant une interdiction de territoire français.
7. En cinquième lieu, tel que cela a été précédemment exposé, Mme C est entrée en France en 2022 et ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire national. Dans ces conditions, en dépit de l'absence de comportement troublant l'ordre public, la préfète du Rhône a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
8. Il résulte de tout ce qui précède les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction, d'astreinte et tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Duca, première conseillère,
Mme Viallet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.
Le président,
M. Clément
L'assesseure la plus ancienne,
A. Duca
Le greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026