vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | DAUBIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2025, M. A C, représenté par Me Daubié, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice d l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 7 janvier 2025 par lesquelles le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a déterminé le pays de destination en cas de reconduite et l'a interdit de retour sur le territoire national avant l'écoulement d'une période de deux ans ;
3°) d'annuler la décision du 7 janvier 2025 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours en le munissant dans l'intervalle d'une autorisation provisoire de séjour ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée, révélant en cela un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est également entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant mesure d'éloignement ;
- le quantum retenu revêt un caractère disproportionné compte tenu de ses liens avec l'Italie ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant assignation à résidence :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement édictée.
Des pièces ont été enregistrées pour le préfet de la Savoie le 14 janvier et ont été communiquées.
Des pièces ont été enregistrées pour la préfète du Rhône le 16 janvier et ont été communiquées.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Gilbertas.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas,
- les observations de Me Daubié, pour M. C, absent, concluant aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.
Le préfet de la Savoie et la préfète du Rhône n'étaient ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 31 mars 1988, demande l'annulation des décisions du 7 janvier 2025 par lesquelles le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire national avant l'écoulement d'une période de 2 ans. M. C demande également l'annulation de la décision du même jour par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de faire droit à la demande de M. C tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
3. D'une part, la décision attaquée est signée par Mme D B, directrice de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Savoie, investie à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du 28 août 2024, régulièrement publiée le même jour. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en litige doit ainsi être écarté.
4. D'autre part, la décision attaquée vise les dispositions et stipulations dont elle fait application et relève les éléments biographiques de l'intéressé pertinents pour cette application. Contrairement à ce qui est soutenu par M. C, la décision attaquée fait état de ses déclaration relatives à un dépôt de demande de titre de séjour et relève que les autorités italiennes saisies sur ce point ont indiqué ne pas en avoir connaissance. À cet égard, il ne ressort pas des éléments produits à l'instance par le requérant, constitués de photographies peu lisibles d'un document non traduit apparaissant être un avis de réception de dépôt informatique de dossier, que M. C serait en possession d'un titre de séjour en Italie. Par ailleurs, la démarche administrative en cause est sans emport sur le constat relevé de l'absence de démarche pour régulariser sa situation au regard de son séjour en France. Il ne ressort ainsi ni de cette motivation, suffisante en l'espèce, ni des autres pièces du dossier que la décision en litige aurait été édictée à l'issue d'un examen incomplet de sa situation.
5. Enfin, M. C, entré en France au cours de l'année 2020, se prévaut d'éléments d'intégration relatifs à son séjour en Italie, qu'il indique avoir débuté cette même année 2020. Toutefois, outre que de tels éléments ne sont pas susceptibles de caractériser des liens particuliers avec la France, il n'en justifie pas en se bornant à produire les éléments analysés au point précédent. La décision en litige l'obligeant à quitter le territoire français, laquelle n'a ni pour objet ni pour effet de le priver de la possibilité d'honorer un rendez-vous auprès des services de l'immigration italiens dont il ne justifie par ailleurs pas, ne peut être ainsi regardée comme portant une atteinte disproportionnée à ses liens avec le territoire national en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'ensemble de ces éléments n'est pas plus de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation quant à l'édiction de la décision en litige. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
6. D'une part, l'illégalité de la décision portant mesure d'éloignement n'étant pas établie, M. C n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'encontre de la décision attaquée.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
8. Pour interdire M. C de retour sur le territoire national, le préfet de la Savoie, au visa des dispositions précitées, a relevé que l'intéressé, entré en France à l'âge de 31 ans, ne disposait d'aucune attache stable dans ce pays, au contraire de l'Algérie où réside sa famille, qu'il n'avait pas tenté de régulariser sa situation lors de son séjour en France ou d'y solliciter l'asile, malgré son orientation, en 2020 et à sa demande, vers la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile du Rhône après une interpellation. Dans ces conditions, en se bornant à faire valoir les difficultés afférentes à son inscription au système d'information Schengen au regard d'obligations en Italie dont il ne justifie pas, le requérant n'établit pas que le quantum retenu pour la mesure, de deux ans en l'espèce, revêtirait un caractère disproportionné ou serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Les moyens afférents, ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent pour ces motifs être écartés.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
9. L'illégalité de la mesure d'éloignement n'étant pas établie, M. C n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'encontre de la décision attaquée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction les assortissant et celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Daubié, au préfet de la Savoie et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
M. Gilbertas
La greffière,
L. Bon-MardionLa République mande et ordonne à la préfète du Rhône et au préfet de la Savoie, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026