mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PINHEL |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2025, sous le n° 2500568, M. C A, représenté par Me Pinhel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous pour la remise d'un récépissé en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, avec droit au travail, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer son dossier en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, via le site ANEF, et de lui délivrer une attestation d'instruction, dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; alors qu'il est bénéficiaire depuis le mois d'octobre 2024 de la protection subsidiaire, les dysfonctionnements qu'il rencontre sur le site de l'ANEF ne lui permettent pas de faire enregistrer son dossier, et d'obtenir un récépissé autorisant son séjour et lui permettant de travailler et de remplir les démarches administratives pour qu'il puisse vivre dans des conditions décentes ;
- la mesure sollicitée est utile.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
II) Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2025, sous le n° 2500569, Mme E, représentée par Me Pinhel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous pour la remise d'un récépissé en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, avec droit au travail, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer son dossier en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, via le site ANEF, et de lui délivrer une attestation d'instruction, dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; alors qu'elle est bénéficiaire depuis le mois d'octobre 2024 de la protection subsidiaire, les dysfonctionnements qu'elle rencontre sur le site de l'ANEF ne lui permettent pas de faire enregistrer son dossier, et d'obtenir un récépissé autorisant son séjour et lui permettant de travailler et de remplir les démarches administratives pour qu'elle puisse vivre dans des conditions décentes ;
- la mesure sollicitée est utile.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2500568 et 2500569 concernent la situation d'un même couple et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
5. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. / () En outre, une solution de substitution, prenant la forme d'un accueil physique permettant l'enregistrement de la demande, est mise en place pour l'étranger qui, ayant accompli toutes les diligences qui lui incombent () se trouve dans l'impossibilité constatée d'utiliser le téléservice pour des raisons tenant à la conception ou au mode de fonctionnement de celui-ci. "
6. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A ont été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par décisions du 18 octobre 2024 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Depuis, ils tentent en vain, ainsi qu'ils en justifient, d'enregistrer leurs demandes de titre de séjour sur le site de l'ANEF, démarches qui ne peuvent aboutir en raison de dysfonctionnements de ce service, qu'ils ont signalés sans qu'une réponse leur soit apportée. Alors que l'enregistrement des demandes de délivrance d'un titre de séjour des intéressés nécessite ainsi que ceux-ci soient reçus par les services de la préfecture, et que dans l'attente les intéressés ne peuvent ni exercer une activité professionnelle ni justifier d'une situation administrative régulière, les intéressés justifient que la condition d'urgence est remplie, ce que ne conteste au demeurant pas la préfète du Rhône, qui n'a pas produit d'observations en réponse.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de communiquer à M. et Mme A, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date en vue d'un rendez-vous en préfecture, lors duquel ils pourront faire enregistrer leurs demandes de délivrance d'un titre de séjour, et se voir délivrer un document autorisant provisoirement leur séjour en France, avec droit au travail, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas huit jours. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. et Mme A sur le fondement des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. et Mme A sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer à M. et Mme A une date de rendez-vous en vue du dépôt de leurs demandes de titre de séjour au titre de la protection subsidiaire, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai de huit jours.
Article 3 : Les conclusions des requêtes sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Mme D A, au ministre de l'intérieur et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 12 février 2025.
Le juge des référés,
T. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
N°s 2500568-2500569
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026