vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500790 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BANCHEREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2025, Mme C D B, représentée par Me Banchereau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
2°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une convocation à un rendez-vous dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de séjour dont elle est titulaire est très restrictif quant aux activités salariées permises ; elle dispose d'une autorisation de travail, accordée le 30 août 2024, pour un poste nécessitant l'octroi d'un titre de séjour en tant que travailleur salarié ; plus de quatre mois s'est écoulé depuis sa demande, de sorte que la condition d'urgence est remplie ; elle est sans revenus financiers, malgré une perspective d'embauche réelle ;
- dès lors qu'elle est admise à souscrire une demande de délivrance de titre de séjour, elle doit se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, en vertu des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Mme B, ressortissante vietnamienne née en 1999, s'est vu délivrer à l'issue de ses études en France, et consécutivement à l'obtention d'un diplôme d'ingénieur, un titre de séjour pluriannuel portant la mention " passeport talent : salarié qualifié / entreprise innovante " valable jusqu'au 5 octobre 2027. Le 30 juillet 2024, l'entreprise qui souhaite la recruter a déposé une demande d'autorisation de travail en sa faveur, accordée le 30 août 2024. Cette promesse d'embauche n'ayant pas été conclue aux conditions requises pour les personnes bénéficiant de la carte dont est titulaire Mme B, celle-ci a déposé le 2 septembre 2024 sur l'interface " Démarches simplifiées " une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour " salarié ". En l'absence de réponse à sa demande, Mme B saisit le juge des référés d'une demande tendant à titre principal à ce qu'il enjoigne à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou, à titre subsidiaire, à ce qu'elle la convoque à un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande.
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre principal :
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
4. Ainsi qu'il a été dit au point 2, Mme B ne s'est pas vu délivrer de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de vérification de son caractère complet, de sorte qu'elle ne peut se voir remettre, à ce jour, un récépissé de demande de titre de séjour. Par suite les conclusions présentées à titre principal, tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de délivrer ce récépissé sont manifestement mal fondées et doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre subsidiaire :
5. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retard sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé sa demande de rendez-vous le 2 septembre 2024, il y a cinq mois. Par ailleurs, et ainsi qu'il a été dit, l'intéressée séjourne régulièrement en France, sous couvert d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " passeport talent : salarié qualifié / entreprise innovante ", qui l'autorise à travailler, dans les conditions que ce titre précise. Si Mme B fait valoir qu'elle dispose d'une autorisation de travail et d'une promesse d'embauche, sur un poste ne lui offrant pas la rémunération requise par son titre de séjour, cette seule circonstance, en l'absence d'éléments sur la situation concrète de l'intéressée ne saurait caractériser, alors que sa demande de rendez-vous reste récente, une situation d'urgence, de sorte que les conclusions subsidiaires de la requête doivent également être rejetées comme mal fondées.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D B.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 21 février 2025.
Le juge des référés,
T. A
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026